Les enfants d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Aussi, de plus en plus de parents se retrouvent dans des situations difficiles du fait que leurs enfants sont en perpétuelle demande. D’objets. De produits. De services. Alors lorsque ces parents n’ont pas toujours les moyens nécessaires à l’acquisition de ces biens et services ils ne savent souvent pas comment répondre. Dire non et risquer de frustrer leurs enfants? Ou alors dire oui et risquer de se mettre financièrement en danger?
L’autre jour, une de mes filles me racontait que plusieurs de ses petites camarades de classe (Kita Guimel CE2) jouaient pendant la récréation avec des téléphones portables qui “font de la musique, où on peut voir des films et avec lesquels on peut jouer à des jeux vidéos.” Le problème n’est pas en soi de posséder ou de ne pas posséder de smartphone à cet âge là (quoiqu’on puisse objecter les problèmes liés à la santé – dangers des radiations par exemple – ou encore déplorer la sédentarité liée à l’intérêt porté aux écrans). Le problème se pose quand nos enfants viennent nous demander le même objet. Quand les enfants se disent entre eux: “Moi j’ai un smartphone / des vêtements de marque xy / je reviens de vacances au ski / je prends des cours de conduite et pas toi.” Lorsque la société fait entendre à nos enfants haut et fort que s’ils ne possèdent pas tel ou tel objet, ils sont des moins que rien. En fait le problème commence peut être quand nous parents, commençons à entrer dans ce petit jeu. Cela vaut aussi bien évidemment pour la manière dont on fête les Bat/Bar Mitsvot de nos enfants. Une amie me raconta un jour ce que vint lui dire sa fille après s’être rendue à la Bat Mitsva d’une camarade: “Je veux la même robe, la même coiffure et la même salle que ma copine.” Ce à quoi lui répondit mon amie: “Toi tu es toi. Et ta copine c’est ta copine. Vous êtes différentes. Alors votre Bat Mitsva le sera aussi.” Quelle magnifique réponse. Car là est la solution pour faire face. Si nous parents commençons à stresser parce que nous pensons que notre enfant va se sentir hors du coup s’il ne possède pas ce que les autres ont, il le sentira aussi. Et là, pour sûr, il se sentira vraiment misérable. Alors que si nous sommes fiers de nos choix de vie, si non seulement nous vivons selon nos moyens mais surtout si nous vivons selon nos convictions, ce sera aussi une évidence pour nos enfants. Si en ce qui vous concerne, l’estime de soi n’est pas liée à la marque de voiture que vous possédez ou à l’ampleur de votre compte en banque par exemple; si être habillé à la pointe de la mode n’est pas une préoccupation majeure pour vous; si vous ne prenez pas vos décisions en fonction du regard des autres, alors il y a toutes les chances pour que vos enfants deviennent comme vous. Et ils souriront quand ils verront leurs amis parader avec le dernier gadget électronique. Ils arboreront avec fierté leur garde robe “Made in Shouk”. Et quand on leur demandera où ils ont passé leurs vacances, ils répondront: “Quelques jours chez nos cousins qui habitent dans le nord. C’était génial.” Sans être envieux de ceux qui sont encore partis pour une destination exotique au bout du monde. Parfois quand les enfants sont plus âgés, qu’ils ont vraiment besoin de quelque chose et que vous ne pouvez pas le leur offrir, apprenez-leur à travailler pour l’obtenir. Et ils découvriront la satisfaction exquise de récolter les fruits de ce qu’ils ont semé. Car il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas seulement d’argent qu’il s’agit. Mais surtout de Hinouh, d’éducation. Quelles sont nos propres valeurs et quelles sont les valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants? Si les midoth tovoth, le Hessed ou l’intelligence du cœur sont l’aune avec laquelle vous mesurez la réussite, alors vos enfants suivront. Si vous croyez fermement, avec force et courage en vos convictions, vos enfants seront fiers de ce que vous êtes et de ce qu’ils sont. Et la pression sociale n’aura alors pas de prise sur eux.