Lyor Chekroun « J’ai peur pour mon petit frère, pour ma petite sœur »

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Lorsque nous avons appelé Lyor Chekroun, 17 ans, quelques jours après son agression, il commençait visiblement à être quelque peu fatigué des sollicitations médiatiques. Mais dès qu’il comprend que nous sommes un journal édité en Israël, ses mots deviennent clairs et sans hésitations : « Bien sûr, je veux vous parler ! Vous, les Israéliens, vous êtes mes frères ! ».

Scolarisé à Ozar Hatorah à Toulouse, il a été en première ligne lors de l’attentat du mois de mars dernier. Le mercredi 03 juillet, il est à nouveau retombé dans ce cauchemar de l’attaque antisémite. Il nous livre son témoignage.

Le P’tit Hebdo : Comment cela a-t-il commencé ?

Lyor Chekroun : Je rentrais de l’internat de l’école Ozar Hatorah pour Lyon. Les épreuves du bac venaient de se terminer, j’avais hâte de rentrer chez moi. À Montpellier, je me suis retrouvé dans le même wagon que deux jeunes qui parlaient arabe entre eux et étaient très agités. Je n’y prêtais pas attention, je faisais même tout pour qu’ils ne s’intéressent pas à moi.

Lph : Tu portais une kippa ?

L.C : Non, mais j’avais un débardeur et un médaillon autour du cou, qu’ils ont dû remarquer. En effet, leur regard s’est posé sur moi et ils ont commencé à parler entre eux à mon sujet. Les mots qu’ils employaient étaient très grossiers.

 

Lph : Quelle a été ta réaction ?

L.C : Je n’ai pas dit un mot. Vous savez, je suis encore sous le choc de l’attentat qui s’est produit dans mon école. J’avais sous les yeux le petit Gabriel (z »l) que j’ai même tenté de réanimer. Alors après un tel traumatisme, je ne cherchais pas à avoir des ennuis !

Lph : Comment les choses se sont-elles envenimées ?

L.C : Ilsétaient décidés à attirer mon attention. Petit à petit, je sentais la tension monter. Puis, j’ai reçu un appel téléphonique de mon frère, Tsion. Lorsque j’ai prononcé son nom, l’un des deux hommes s’est retourné vers moi et m’a dit : « Tu veux pas fermer ta g***! ». J’ai poursuivi ma conversation, en parlant moins fort. Quand j’ai raccroché, ils ont continué les insultes. Je leur ai alors simplement demandé pourquoi ils m’insultaient. C’est là que l’un d’eux m’a dit de le suivre hors du wagon.

Lph : Que s’est-il passé ?

L.C : Il m’a dit : « Tu fais le beau avec tes bras de Juif ! ». Il a commencé à me toucher, à me pousser contre la porte des toilettes du train. J’ai reçu des gifles. Je l’ai à mon tour repoussé, il a répliqué. Je me suis alors défendu en lui donnant un coup de tête, je lui ai fracturé le nez.

À ce moment, il m’a mis à terre et m’a roué de coups, son copain l’a rejoint et ils m’ont tabassé. J’avais sur la tête et la nuque les marques de leurs chaussures. J’étais couvert de bleus. Heureusement, je suis bien bâti donc j’ai pu résister, mais les coups qu’ils m’ont portés auraient pu me laisser de graves séquelles.

Lph : Comment les autres voyageurs ont-ils réagi ?

L.C : Personne n’a bougé. Puis une femme a crié et trois personnes sont venues. Elles m’ont aidé à me relever. Contrairement à ce que la presse a raconté, le personnel de la SNCF ne m’est pas venu en aide. Il est arrivé tardivement sur les lieux.

Lph : Comment tes agresseurs ont-ils été arrêtés ?

L.C : À la gare de Valence TGV, la police était là, mais je ne voulais pas porter plainte tout de suite. J’avais besoin de rentrer chez moi, d’être avec ma famille. L’identité de mes agresseurs a été notée. Une fois à Lyon, j’ai déposé une plainte et un ou deux jours après, ils ont été arrêtés.

Lph : Comment te sens-tu aujourd’hui ?

L.C : Physiquement, ça va mieux. Mentalement, je ressens du dégoût, nous revenons un siècle en arrière ! Des bébés sont tués parce qu’ils sont Juifs ! Depuis l’attentat de Toulouse, je suis suivi psychologiquement, j’ai passé mon bac avec difficulté, alors que mes résultats de l’année n’étaient pas mauvais.

Lph : As-tu peur ?

L.C : Pour moi non, je sais me défendre. Mais oui, j’ai peur pour mon petit frère, pour ma petite sœur. On a en face de nous des gens qui n’ont peur de rien, ils n’ont aucun problème à piétiner, à tabasser une personne parce qu’elle est juive, quelque soit son âge.

Lph : As-tu confiance dans les autorités françaises ?

L.C : Je pense que la police et les politiques sont sincères. En fait, les Juifs de France n’ont plus trop de choix, rester en baissant la tête ou rester en résistant. L’autre solution est évidemment l’Alyah ; nous y pensons, mais plusieurs éléments font que ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour le moment…

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9 Responses to Lyor Chekroun « J’ai peur pour mon petit frère, pour ma petite sœur »

  1. Eitan Azoulay

    J’te souhaite un bon rétablissement Lyor tqt pas sa va aller mon frère il arrivera rien ni a ton petit frère ni à ta soeur D. veille sur vous…
    Ah et rentre a la maison fréro fais ton alyah la vie sera plus belle là bas on t’accueilles les bras ouverts !

  2. Mel Schlossman

    Courage Lyor, mon frère.

  3. agape alain noel

    ne t inquiete pas lyor moi je suis comme toi je suis un adventiste du septieme jour je respecte aussi le shabbat d elohim, moi aussi un homme a voulu me tuer a cause d elohim .je suis de la guadeloupe lors de mon agression j ai appeler yeshoua et il est venu et il a empécher cette homme de me tuer avec une machette ses difficile à croire la lame ses arreter a cinq centimetre de ma téte.si quelqu un d autre t agresse physiquement appelle yeshoua car la terre appartient à elohim et a tout ceux qui observe ses commandements qui aime son fils yeshoua.n est crainte bientot yeshoua revient et fera rendre compte a tous ceux qui ont fait du mal a ses enfants. prend courage elohim te fera justice bientot.

  4. GOUAICHAULT Martine

    Je te demande pardon pour le manque de courage du peuple français pour te défendre dans ce train, j’en suis si triste et mon coeur pleure mais sache une chose il est clair que tu es un enfant du D.ieu d’Israel. Ne crains rien cher Lyor tu as le plus grand de ton côté. Honte à nous qui faisons du mal à une seule de ses brebis.
    Que D.ieu te bénisse ainsi que tous les tiens.

  5. Eden Atias

    « L’autre solution est évidemment l’Alyah ; nous y pensons, mais plusieurs éléments font que ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour le moment… »

    Salut frero, je suis aussi de Toulouse mais j’ai 40 balais alors tu ne me connais pas, mais Otzar j’ai bien connu par contre, et la blessure est restée ouverte depuis cet évènement tragique du mois de mars. Je ne comprends pas « les plusieurs éléments » qui vous empêchent de faire votre Alya…

    De quelle résistance parles-tu: Arié, Gabriel et Myriam ont-ils eu le temps de résister??? Qu’est ce qu’il vous manque ici, en Erets? et qu’est ce qu’il y a de plus dans ces communautés désertées de France? J’étais a Toulouse il y a encore 2 semaines, il n’y a aucun avenir pour les jeunes comme toi! Expliquez-nous pourquoi vous accrochez-vous autant a la France, on ne comprends pas!

    Réfoua Chéléma et Que D-ieu vous protège! (si c’est la vie que vous avez choisi!!!)

  6. Brigitte

    Lyor, je viens de lire votre témoignage et j’ai les yeux pleins de larmes. Je pense que si l’on ne force pas l’Alyah à etre à l’odre du jour, elle ne le devient jamais… Il faut sauter ce pas, c’est de la France dont il faut avoir peur, non d’Israel. Dieu merci, cette fois-ci, vous vous en etes sorti…

  7. mohamed

    La France est un pays islamique même si les politiques font un peu les hypocrites pour uniquement avoir des voix pour leurs élections. La Charia sera en vigueur d’ici quelques années car la population musulmane décuple tous les 5 ans (ils font des enfants pour toucher la CAF et ne pas travailler). Si la CAF n’existait pas, la France aurait été un paradis, moins de délinquance (viol, drogue, meurtre, vol, …), prisons vides. Mais hélas, les politiques n’ont rien compris jusqu’au jour où ce sera trop tard et deviendront les larbins des islamistes.

  8. Bat-El

    Bon courage a toi Lyor… Tu as ete tres concarageux. Hashem t’a envoye 2 grosses epreuves et t’aidera a les surmonter.

    Israel t’attend. La peur de la alya (integration, argent) ne devrait pas depasser la peur de vivre – comme tu dis – la tete baissee en France. Lance toi! Apres le bac il a bcp de possiblites en Israel. Il est dit que lorsque l’on ouvre la tete d’une aiguille a Hashem, lui nous ouvre des portes entieres. Il n’y a pas de raison de ne pas resussir la alya avec de la volonte.

    Cordial Shalom d’Isael.

  9. Harroch Renée

    BRAVO MON GRAND ! ELOHIM ETAIT PRES DE TOI ET T’A PROTEGE DE CES INTRUS, DE SES ANTISEMITES ET CRIMINELS ; MAIS NE T’INQUIETES PAS ILS LE PAIERONT JUSQU’A LA FIN DE LEURS JOURS ! JE TE SOUHAITE UN PROMPT RETABLISSEMENT ET JE COMPRENDS QUE TU SOIS ENCORE TRAUMATISE PAR L’ATTENTAT AU SEIN DE TON ECOLE « OZAR HATORAH  » ! ELOHIM GADOL PETIT COEUR ! TON FRERE ET TA SOEUR SONT EGALEMENT A OZAR HATORAH ? T’INQUIETES PAS ; LA DIRECTION DE L’ECOLE A MIS EN PLACE UN GROS DISPOSITIF DE SECURITE . JE T’EMBRASSE TRES FORT ET SALUE TON COURAGE ET TA TENACITE ENVERS TES AGRESSEURS ! TRES TRES BONNE SEMAINE MON GRAND !

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