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À Jérusalem, ni stars ni strass

Par Emmanuelle Adda

 

Le festival international du cinéma de Jérusalem 2012

Chaque année, au début de l’été, il y a un rendez vous que je ne rate jamais

Un rendez vous en technicolor, sur grand écran, parfois en plein air, parfois dans une salle obscure : le festival international du cinéma de Jérusalem. Il y a les marches du palais du Festival de Cannes et il y a les marches de la cinémathèque de Jérusalem.

Cinémathèque de Jérusalem

Les amoureux du cinéma doivent les avoir descendues au moins une fois dans leur vie. Avec une vue sur les murailles de la vieille ville, et sur le désert de Judée, un grand jardin verdoyant parsemé de grands fauteuils confortables et en fond une musique de jazz, le décor est planté, l’ambiance est posée. De projections en cocktails et soirées musicales, c’est le lieu idéal pour sortir pendant une semaine, pour rencontrer la crème du milieu artistique israélien, acteurs, producteurs, distributeurs et plein d’étudiants en cinéma qui commencent à remplir leur carnets d’adresses.

Madame Van Leer

Pendant 29 ans, Madame Van Leer, la reine de ce festival, a reçu chaque année les plus grandes stars internationales comme Marcello Mastroianni, Robert de Niro, Sharon Stone, et tant d’autres. Après son  »opening » légendaire, suivie de la projection du dernier film de Woody Allen ‘’A Rome with love’’ en direct de la piscine du Sultan, avec vue sur la vieille ville de Jérusalem illuminée et feux d’artifices, ce fut, pendant 8 jours une succession de projections de longs métrages du monde entier, de documentaires, et de court- métrages. 8 jours de rencontres, d’échanges, de découvertes dans un esprit de convivialité, un peu  »Bobo Jérusalmitain ». Car ici pas de robes de soirées de grands couturiers ni de bijoux somptueux en défilé, mais tongs, shorts et robes longues indiennes comme celle que portait Yael Abecassis, membre du Jury.

Yael Abecassis

En général je ne visionne que des films israéliens. Cela me permet de comprendre la société dans laquelle je vis. Le cinéma israélien est un cinéma d’auteur, d’avant-gardes novatrices, créatives et interrogatrices. Outil artistique utilisé pour exprimer un mal-être permanent qui peut attendrir ou déranger. Il est courant de retrouver israéliens et palestiniens à l’affiche certainement par idéologie mais aussi pour trouver des financements plus facilement. Les cinéastes israéliens proposent en image une fenêtre ouverte sur le psychisme d’une société toujours en mouvement, toujours menacée, et rarement soutenue.

Largement engagé, le lauréat de cette année a été le film de Amir Livne   » Sharqiya »

Sharqiya de Amir Livne

qui traite du monde des bédouins du Negev et leur confrontation aux autorités israéliennes.

Le deuxième prix a été remis au film de Meni Yaish  » les voisins de Dieu »

Les Voisins de Dieu de Meni Yaesh

qui traite également de violence mais dans le monde religieux … Je vous le disais, le cinéma israélien est torturé par des problèmes existentiels et de cohabitation qui nous laissent souvent un goût amer…

Au cours de ce festival, une large place est faite à la nouvelle génération de cinéastes qui présente chaque année des courts métrages mis en compétition. Chaque école de cinéma est représentée. Les thèmes traités sont ceux qui préoccupent sans cesse la jeunesse israélienne: le terrorisme, l’armée, la religion, la sexualité, et la shoah. Leur façon d’aborder ces sujets nous démontre l’évolution de la société qu’ils aiment, qu’ils rejettent ou celle dont ils rêvent. Ces petits formats sont souvent la démonstration insolente de leur liberté d’expression.

Georges Goldenstern, directeur de la Cinéfondation

La France est omniprésente sur ce festival de plusieurs manières, l’Ambassade de France etIsraël sont à l’initiative d’un projet commun intitulé  »Jérusalem international film Lab » : formidable incubateur de projet cinématographique avec 12 projets présentés devant un panel de professionnels dont Georges Goldenstern, Président de la Ciné Fondation, Festival de Cannes, et membre du jury.

André de Margerie

Institut français et l’Ambassade de France en Israël sont également partenaires du « Jérusalem Pitch Point« , qui récompense les meilleurs projets associant des professionnels israéliens et internationaux. Cette année, André de Margerie, directeur des relations internationales d’Arte, a remis au nom d’Arte un prix de 6.000€ et le Centre National de la Cinématographie (CNC) a récompensé d’une bourse de 5.000€ le projet le plus prometteur. La présentation des projets s’est déroulée en présence de Daniel Leconte,producteur français.

Daniel Leconte Réalisateur, Producteur,

Un film à succès français n’est pas passé inaperçu puisque ‘‘le Prénom » adapté de la pièce de théâtre de Alexandre de la Patellière et de Mathieu Delaporte a été projeté deux fois devant un public franco-israélien hilare qui a applaudi des deux mains à la fin de la projection. Il faut dire que de l’humour subtil et intelligent c’est plutôt rare de nos jours.

Alesia Weston

Un festival qui cette année a été plutôt moyen en termes de créations, et surtout il manquait la présence des stars internationales que nous étions habitués à voir déambuler dans la cinémathèque de Jérusalem. Alesia Weston, qui prend cette année la direction culturelle de la cinémathèque et du festival apportera, nous en sommes sure, un souffle nouveau àJérusalem comme elle l’a fait pendant 9 ans au festival Sundance. Welcome and Good luck.

Par Emmanuelle Adda

Journaliste franco israelienne,

animatrice a la radio israelienne et sur les radios juives en France.

Elle vit a Jerusalem

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