Rav Elisha Aviner Un spécialiste de l’éducation

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Le Rav Elisha Aviner est né en France et a fait son Alyah avec sa famille, (et notamment son frère, le Rav Shlomo Aviner) à l’âgé de 14 ans. Étudiant à la yeshiva Merkaz Harav pendant dix ans, il enseigne par la suite la guemara à la yeshivat hesder Birkat Moshé de Maalé Adoumim. Il y sera également Rosh Kollel.

Parallèlement, le Rav Elisha Aviner est devenu spécialiste dans les conseils aux parents pour l’éducation des enfants, et plus particulièrement des adolescents. Il fait également partie des rabbanim de l’association  »Tsohar » dont l’un des objectifs est de rapprocher religieux et laïcs, en aidant les personnes à retrouver leur identité juive et sioniste. Le Rav Elisha Aviner nous éclaire de ses précieux conseils.

Le P’tit Hebdo : Nous venons de célébrer le siyoum du Daf Hayomi. Ce type d’étude est-il adapté à tous ?

Rav Elisha Aviner : Pour tirer profit de ce modèle d’étude, il est nécessaire d’avoir des bases en guemara. Pour celui qui n’en a pas, cela revient à se jeter à l’eau sans savoir nager. L’étude du Daf Hayomi permet à un nombre important de personnes de parcourir tout le Shass dans un temps limité. Même si on ne rentre pas dans la profondeur de chaque page, on en étudie l’intégralité.

Donc, avec un minimum de bases, l’étude du Daf Hayomi est adaptée à un public très large, de tous les horizons, de toutes les professions et même de tous les âges : des jeunes de 19 ans ont fini le Shass cette année, ce qui veut dire qu’ils avaient commencé à l’âge de 12 ans !

Lph : Comment sensibiliser nos enfants à l’étude ? Par quoi commencer ?

Rav E.A. : Par quoi commencer ? La question ne se pose pas. Chaque structure scolaire propose un programme bien défini et réfléchi pour les enfants, en fonction de leur âge et de leurs capacités. Nous pouvons faire confiance à ces programmes élaborés pour que chaque élève s’y retrouve.

Lph : Comment les motiver ?

Rav E.A. : La motivation de l’enfant dépend en grande partie de l’enthousiasme de son professeur. S’il aime la Torah, s’il aime l’étudier, il saura communiquer cette joie et donner à ses élèves le goût de cette étude.

Il en va de même à la maison. Ce qu’un enfant déteste par-dessus tout, c’est d’être forcé. Si nous passons notre temps à lui dire « va étudier ! », il y a fort à parier qu’il n’aura pas envie de le faire. Il se rebellera facilement contre l’autorité. Aujourd’hui nous savons, après avoir testé plusieurs méthodes éducatives, que l’on n’arrive à rien par la force. Nos Sages employaient ce que l’on appelait un  »bâton de douceur » (makel noam). Les enfants sont plus sensibles à la discussion, aux réactions douces et mesurées, qu’aux coups et aux irritations.

C’est par la douceur et surtout par l’exemple que l’on peut susciter chez l’enfant un changement intérieur en profondeur. Pour l’étude de la Torah, le principe reste celui-ci : si nous voulons que l’enfant étudie, il associera certainement la Torah à un sentiment négatif. Si nous lui montrons notre amour de l’étude par notre comportement et notre enthousiasme, l’étude deviendra naturelle chez lui.

Lph : À l’heure d’Internet, le savoir semble plus facile d’accès. Est-ce une réalité ?

Rav E.A. : Internet regroupe absolument toute la culture de l’humanité, tout, le très bon comme le très mauvais. Tout s’y trouve et en grand, en hyper accessible. En fait, Internet est une sorte d’homme en format géant, avec un penchant pour le bien et un penchant pour le mal, eux aussi géants. Un homme vivant au Canada, par exemple, peut grâce à Internet, écouter un cours de Torah d’un grand Rav en Israël. Mais parallèlement, les images les plus destructrices sont à portée de clic.

Lph : Faut-il en interdire l’accès ?

Rav E.A. : Non, je ne pense pas possible ni même souhaitable d’interdire Internet, encore moins au public sioniste religieux, qui est un public académique. Hakadoch Barou’h Hou ne nous envoie jamais une épreuve sans nous donner les moyens de la surmonter. Ainsi, des filtres existent afin de conserver uniquement le meilleur de cet outil. J’estime l’installation de ces filtres totalement obligatoire. Pour moi, les personnes qui ont chez eux Internet sans contrôle parental, sont comme des kamikazes.

Lph : Placer un filtre suffit-il à préserver nos enfants ?

Rav E.A. : Il s’agit déjà d’un rempart important. Parallèlement, il me semble justifié d’interdire Internet sur les téléphones portables. En effet, à quoi bon avoir accès à Internet tout le temps partout où l’on se trouve ? Même si admettons que seuls les sites  »cachers » seront accessibles, l’enfant deviendra vite une  »bête technologique » ne vivant plus que pour et par son accès à Internet, passant tout son temps au téléphone. Cela nuira à la tranquillité de l’enfant ainsi qu’à ses capacités de concentration.

Comme pour toute chose, l’abus est mauvais. Je préconise donc que dans chaque famille, on alloue un nombre d’heures par semaine sur Internet à chaque enfant. Ainsi, on lui apprendra aussi à gérer son temps.

Lph : Quels sont les points sur lesquels nous devons être particulièrement attentifs dans notre relation aux adolescents ?

Rav E.A. : Le plus important lorsqu’il s’agit d’un adolescent est de toujours garder un lien avec lui, de s’intéresser à ce qu’il se passe dans sa vie. L’adolescence est un âge auquel nos enfants ne nous voient plus comme des exemples, mais comme des fournisseurs d’argent et de nourriture. Ce sont souvent leurs amis ou d’autres personnes qu’ils érigent en modèle. Nous devons continuer à les accompagner en discutant beaucoup avec eux. Ils doivent voir que l’on s’intéresse vraiment à ce qu’ils sont et à ce qu’ils font. Ne pas réduire ses relations avec l’adolescent à des phrases du type : « fais ceci, ne fais pas cela », à des ordres qui font de nous des policiers et non plus des parents.

Dans le même temps, l’adolescence est une période de la vie synonyme d’émancipation. L’enfant n’en est déjà plus un dans le sens où il n’a plus besoin de ses parents pour chaque chose. Nous devons lui renvoyer de lui une image d’une personne responsable, dans laquelle nous avons pleinement confiance. Pour cela, nous en revenons toujours au même point, il est indispensable de conserver avec lui des relations fortes.

Lph : Où en est-on sur le plan de la compréhension mutuelle entre religieux et laïcs ?

Rav E.A. : Nous devons encore et toujours faire des efforts pour arriver à davantage de compréhension. Faire des activités, passer des messages positifs sur l’autre. Le principal moyen pour y parvenir est précisément de chercher le bon chez l’autre, et de dévoiler tous ses aspects positifs. Ne jamais considérer que celui qui est  »plus » (religieux, laïc, ouvert) ou  »moins » (religieux, laïc, ouvert) ne vaut rien.

Lph : Êtes-vous optimiste sur ce plan ?

Rav E.A. : Chaque année de 3000 à 4000 couples s’adressent à Tsohar pour faire un mariage juif digne de ce nom. Cela signifie que de très nombreuses personnes, éloignées de toute religion, ressentent le besoin de renouer avec leur identité juive lorsqu’elles sont arrivées à un certain stade de leur vie. C’est pourquoi je ne veux porter aucun jugement sur ces jeunes qui semblent ne pas être attachés au judaïsme. Nous les retrouvons souvent au sein de Tsohar quelques années plus tard. C’est comme pour l’éducation : ils ne veulent pas être forcés.

Lph : Quel est votre message aux Francophones d’Israël ?

Rav E.A. : La majorité des Francophones d’Israël sont des idéalistes attachés à leur identité juive et sioniste, et ce quelque soient leurs origines. Je pense qu’ils peuvent apporter beaucoup à la société israélienne, justement dans leur façon de penser et de vivre le judaïsme et le sionisme dans leurs racines et leur signification la plus pure, sans distinction.

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2 Responses to Rav Elisha Aviner Un spécialiste de l’éducation

  1. benhamou

    Bonjour

    Pouvez-vous m’indiquet si il est possible de contacter le rav Elisha Aviner pour un cours de thora dans la mesure de ses disponinbiltes .
    Dans l’affirmative comment puis-je le contacter

    Merci d’avance
    Chabat Chalom

  2. ATTELAN DORA

    Monsieur RAV ELISHA AVINER,merci pour vosprécieux conseils que vous puissiez nous en donner jusqu’à 120Amen, j’aurais aimé vous rencontrer Monsieur RAV ZLISHA si possible.
    CHAVOUHATOV à vous et à toute votre famille amen.

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