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COULISSES POLITIQUES – En tant que président « normal », on peut donc lâcher quelques gros mots. Comme tout le monde en fait. François Hollande -on l’apprend dans le livre Rien ne se passe comme prévu de l’écrivain Laurent Binet (sortie le 22 août)-, traitait ainsi son adversaire Nicolas Sarkozy de « salopard » en privé durant la campagne présidentielle.
On se rappelle d’un déjeuner off en janvier, où le socialiste avait déjà qualifié Sarkozy de « sale mec », dans une formule indirecte qui avait fait sortir la droite de ses gonds.
Ce n’était donc rien après ce qui a suivi. « Ça m’a fait rire (l’épisode du « sale mec », ndlr) parce qu’en privé, il traitait régulièrement Sarkozy de ‘salopard’, de manière tout à fait naturelle et tranquille », raconte Laurent Binet dans une interview au Nouvel Obs.
L’écrivain, qui a passé toute la campagne présidentielle dans le camp socialiste, raconte aujourd’hui dans un livre son immersion de plusieurs mois auprès de François Hollande. Et dans les « bonnes feuilles » publiées par L’Obs, on y découvre le portrait d’un homme « sans états d’âme », « formidable machine de guerre qui était configurée de façon optimale pour atteindre son but », mais aussi un homme à l’animosité féroce envers Nicolas Sarkozy.
Une guerre ouverte à son paroxysme lors de la passation
Introduit par Valérie Trierweiler aux côtés de son compagnon, Laurent Binet a pu avoir accès à toutes les coulisses de cette campagne socialiste, d’où les anecdotes croustillantes qui en ressortent aujourd’hui. Dont celle-ci, qui démontre une nouvelle fois que le président ne porte pas son prédécesseur très haut dans son cœur:
« Une fois les chiffres du second tour connus le 6 mai, Valérie Trierweiler pose aux quelques personnes rassemblées autour du président élu une question: sur qui chacune d’entre elle a-t-elle ‘l’impression de prendre une revanche personnelle’? François Hollande répond alors du tac-au-tac : ‘Sarkozy’… »
Hollande détester Sarkozy? Qu’il se rassure, la réciproque est vraie. Entre le 6 et le 15 mai, Nicolas Sarkozy aurait ainsi broyé tout le courrier de François Hollande reçu à l’Elysée, durant cette dizaine de jours pré-passation de pouvoir. Et lors de cette cérémonie, Hollande aurait confié à des proches que Sarkozy n’avait « parlé, comme d’habitude, que de lui” lors de de l’entretien - »très froid »- en tête-à-tête entre les deux présidents. Le nouveau président s’était alors déjà « vengé » en souhaitant uniquement de « bons vœux » à son prédécesseur lors de son premier discours officiel, alors qu’il avait rendu un hommage complet aux autres anciens chefs de l’Etat.