Comme chaque année, la veille de Rosh Hashana est l’occasion de relancer un débat entre nous (comme si nous manquions de sujets…) : pourquoi certains voyagent-ils avec tant d’enthousiasme et de ferveur à Ouman visiter le tombeau de Rabbi Na’hman de Breslev ? Charles Benguigui, le célèbre directeur de Futé Magazine, mais aussi animateur hors pair, fait partie des personnes qui ont fait le voyage et il s’apprête à le refaire chaque année. Il témoigne du »véritable électrochoc » qu’a été pour lui ce pèlerinage.
Le P’tit Hebdo : Aux dernières nouvelles, vous n’êtes pas Hassid de Breslev. Pourquoi Rosh Hashana à Ouman ?
Charles Benguigui : Effectivement, quand on connaît mon parcours, cela peut paraître étonnant. Je suis parti pour la première fois l’année dernière, un peu »par hasard ». En une semaine et demi, cinq personnes sont venues me voir et m’ont dit d’un ton affirmatif : « Cette année, tu pars à Ouman ». Cela m’a interpellé et j’en ai parlé à Léa mon épouse, qui m’a donné cette réponse extraordinaire : « Je te demande d’y aller ». Et sans véritablement connaître la Hassidout Breslev, ni Rabbi Na’hman, j’étais dans l’avion pour Ouman.
Lph : Qu’avez-vous ressenti sur place ?
C.B. : C’est fabuleux : plus de 50 000 personnes avaient fait le déplacement de tous les coins du monde ! On ressent une union, une ferveur, une atmosphère à la fois de fête et de recueillement. C’est comme si cette proximité faisait tomber toutes les écorces qui nous endurcissent, comme si elle permettait un grand nettoyage spirituel. L’ambiance est conviviale, il y a beaucoup d’échanges, de discussions. La visite donne des forces pour toute l’année.
Lph : Quel genre de personnes participent à ce grand rassemblement ?
C.B. : J’ai été très surpris. Je ne pensais voir que des Hassidim de Breslev. Eh bien, j’y ai rencontré aussi des hommes d’affaires, des personnes apparemment très loin de toute pratique religieuse et notamment beaucoup de grandes vedettes du show-biz israélien.
Lph : Tout de même, laisser femme et enfants, quitter Eretz Israël… Que répondre à ces critiques ?
C.B. : J’ai moi-même fait partie des gens qui »jugeaient » ceux qui partaient à Ouman. Pour vous répondre, je rapporterai les propos d’un Hassid rencontré là-bas : Rabbi Na’hman est un docteur pour tous ceux qui ressentent le besoin d’aller sur sa tombe. Il a promis de grandes et belles choses. Certains n’ont pas besoin de lui, d’autres oui pour guérir spirituellement. Alors comme me l’a si joliment dit ce Hassid : « Ne tirez pas sur l’ambulance ! »
Il ne faut pas mal juger les hommes qui partent, il faut applaudir leurs épouses qui leur permettent d’aller chez Rabbi Na’hman puiser les forces spirituelles qui leur sont nécessaires pour revenir accomplir leur devoir de juif en Erets Israël.
Lph : Vous y retournez cette année. Vous encouragez à partir. Ouman vous a tellement marqué ?
C.B. : J’ai été transformé par le passage près de Rabbi Na’hman. Quand je suis rentré, mon entourage s’est exclamé : « Tu as comme une lumière autour de toi ». C’est vrai que l’on hésite à raconter ses sentiments de peur d’être pris pour un illuminé. Pourtant, clairement, rien n’est plus comme avant. Ce voyage permet de réveiller votre cœur vers le Emet et de vous renforcer dans la techouva vers Hachem. J’en profite pour souhaiter à tout Am Israël « Chana Tova ve Gmar Hatima Tova ».