Le Professeur Philippe Halfon demeure et exerce à Marseille la profession de médecin spécialisé en virologie et maladies infectieuses. Mais il est aussi très souvent en Israël puisqu’il enseigne à Hadassa et entretient une coopération professionnelle étroite avec les chercheurs de ce même centre hospitalier. Le Professeur Philippe Halfon est mondialement connu pour ses découvertes concernant les traitements de l’hépatite C ou du SIDA. Nous avons pu l’interroger lors de son dernier séjour en Israël.
Le P’tit Hebdo : En tant que médecin français, vous est-il difficile de coopérer aussi étroitement avec Israël ?
Pr Philippe Halfon : Non, je ne rencontre aucun obstacle. Dans le domaine de la recherche médicale, les relations entre nos deux pays sont florissantes. Les découvertes israéliennes ont une très bonne cote dans le monde médical français.
Lph : Vous avez passé un accord avec Bioline, une entreprise pharmaceutique israélienne concernant une de vos récentes découvertes.
Pr P.H. : Effectivement, je suis à l’origine du développement d’une nouvelle thérapie contre l’hépatite C. Avec l’accord, nous espérons que cette découverte française se développera en Israël et qu’il sera ainsi possible de venir en aide à de nombreux patients.
Lph : Vous travaillez aussi en collaboration avec l’Institut Pouah. Quel est votre rôle ?
Pr P.H. : Spécialiste des maladies infectieuses et notamment du SIDA, je conseille au sujet des risques et des réponses apportées à des couples pouvant être confrontés à ce genre de problèmes lors de la conception d’un enfant.
Lph : Vous êtes également à l’origine d’une avancée révolutionnaire concernant la lutte contre le SIDA.
Pr P.H. : Nous avons découvert une technique permettant aux enfants de père séropositif et de mère saine de ne pas être contaminés par le virus du SIDA. Tout se joue lors du processus de fécondation in vitro. Il s’agit d’un procédé assez compliqué qui consiste à décontaminer complètement le sperme avant l’insémination.
Lph : Quel est le taux de réussite du procédé ?
Pr P.H. : Il est de 100 %. Il n’y a aucun risque que l’enfant naisse séropositif. Plus de 200 enfants sont nés ainsi en France en dix ans.
Lph : Cette technique est au centre de votre coopération avec Israël.
Pr P.H. : Il me tenait à cœur que les couples israéliens désireux de bénéficier de cette opportunité n’aient à se déplacer jusqu’en France. Un centre a été ouvert à Hadassa il y a deux ans, résultat d’une collaboration avec le Professeur Moryoussef, ancien directeur d’Hadassa, le Pr. Shlomo Maayan directeur du Centre anti-SIDA d’Hadassah, et bien d’autres médecins israéliens.
Lph : Quel retour avez-vous de ce qui se passe dans ce centre ?
Pr P.H. : De nombreux couples y sont traités. Pour le moment, dix enfants ont pu naître grâce à cette technique. Il faut noter que le centre est unique au Moyen-Orient et donc attire des patients de toute la région.
Lph : Êtes-vous optimiste sur le long terme pour ce qui concerne le traitement de telles maladies ?
Pr P.H. : Absolument. La recherche médicale avance bien. Le seul obstacle est d’ordre financier. Nous observons aujourd’hui des taux de guérison incroyables de l’hépatite C, ainsi qu’un bond dans le traitement préventif du SIDA. Pour ma part, je m’attache à aller toujours plus loin dans le domaine de la virologie. Je travaille à analyser de manière encore plus précise les virus du SIDA et de l’hépatite C, afin d’optimiser la prise en charge des patients.