Le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena (1928-2008)  »Un Maître au service de D’ et des hommes »

Filed under Actualité, Des Livres et vous, Détente
Bookmark and Share

Le 21 Tamouz 5768, 24 juillet 2008, s’est éteint à Jérusalem le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena (zatsal). Appartenant à une célèbre famille de rabbins en Algérie, il a marqué des générations de Juifs français. Rabbin à Lille, puis dans la région parisienne, il prend en 1977 la direction du Séminaire rabbinique de la rue Vauquelin.

Un livre hommage est actuellement disponible : « Le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena. Sa vie, ses valeurs, son héritage ». Nous nous sommes entretenus avec l’auteur de l’ouvrage, Eliahou Serge Halimi.

 

Le P’tit Hebdo : Pourquoi un livre sur le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena ?

Eliahou Serge Halimi : L’idée est venue de Benny Cohen, ancien président du Consistoire qui a très bien connu le Rav Chouchena. Il voulait perpétuer sa mémoire et s’est dit qu’un livre hommage serait une bonne façon de le faire. Lorsqu’il m’a contacté pour l’écrire, je n’ai pas hésité. C’était pour moi un honneur de rendre hommage à ce grand Tsadik, et une façon de me rapprocher de ma propre histoire familiale en me plongeant dans celle de Constantine et de Bône. Je souhaite aussi me servir de ce livre pour montrer que l’Algérie a aussi eu ses très grands Rabbanim.

Lph : Quelle a été votre méthode d’écriture ?

E-S.H. : Il s’est agi d’un véritable travail de fourmi : recherches, interviews, tri, synthèse. Nous avons pris contact avec le cercle proche de ses relations puis nous avons lancé des appels à témoins. Des centaines de personnes se sont manifestées. Ce type d’écriture m’a amené à réaliser un ouvrage  »rassembleur » à l’image du Rav Chouchena. Tous ont insisté sur sa proximité, sa disponibilité extraordinaire. Tout en ayant une approche très stricte de la hala’ha, sans compromission, il savait rassembler tous les Juifs.

Lph : Quel était son rapport au sionisme et à l’État d’Israël ?

E-S.H. : Il entretenait un lien très fort avec Israël. Après la guerre des Six Jours, il caresse le rêve de faire son Alyah. Mais ses responsabilités rabbiniques déjà importantes l’y font renoncer. Puis en 1978, il est pressenti pour être Av Beth Din de la ville de Bat-Yam. Là encore, il décline la proposition puisqu’il venait de prendre la direction du Séminaire rabbinique à Paris.

Mais son amour pour Israël n’en était pas moins important. Il ne tolérait pas un mot de travers sur le pays, même s’il s’agissait de critiquer ses chauffeurs de bus ou de taxi ! Il possédait un appartement en Israël, et s’était arrangé pour pouvoir y planter des arbres afin de pratiquer les mitsvot liées à la terre d’Israël. Par ailleurs, il était très proche de Manitou ainsi que des Rav Ovadia Yossef et Morde’hai Eliahou (zatsal). Le Rav Shlomo Amar, Grand Rabbin d’Israël, préface d’ailleurs le livre. Enfin, à sa retraite en 1992, il s’installe définitivement à Jérusalem et y finira ses jours.

J’ajouterai aussi que l’immense majorité de ses élèves sont en Israël, preuve supplémentaire de son attachement à cette terre, qu’il a si bien su transmettre.

Lph : Quels liens ce Rav séfarade entretenait-il avec la communauté ashkénaze ?

E-S.H. : Le Rav Chouchena a immédiatement su nouer des liens amicaux et respectueux avec les fidèles ashkénazes de sa communauté. Il a même appris le yiddish ! Il était très attaché aux traditions de ses pères mais savait se montrer ouvert.

Lph : Quelle image garder de cette personnalité ?

E-S.H. : Le Grand Rabbin Chouchena était un ‘ha’ham shalem, un érudit complet : rav, sofer, cho’het. En plus de toutes ses qualités spirituelles, il avait un talent incontestable dans les matières dites profanes : il peignait merveilleusement et possédait une culture importante. Ainsi a-t-il été aumônier à l’École polytechnique. Il était très apprécié de la jeunesse et savait s’en approcher avec son humour légendaire.

Tout ce savoir profane, il le mettait au service de l’une des causes qui le tenait le plus à cœur : lutter contre l’assimilation des Juifs en France. Nombreux sont ceux qui ont évité de se fourvoyer grâce à un cours ou une intervention du Grand Rabbin Chouchena.

Lph : Quel est le message central du Grand Rabbin Chouchena ?

E-S.H. : Ses maîtres-mots sont l’unité du peuple juif. Ses valeurs, il les a apprises auprès de deux grandes personnalités rabbiniques fondamentales dans sa vie : son père et son beau-père (le Rav Rahamim Naouri).

Son héritage est véritablement celui de travailler à encourager et à préserver l’unité du peuple juif aussi bien dans l’enseignement que dans la pratique. Il était au service du grand nombre, amoureux des Juifs, d’Hachem de la Torah et d’Eretz Israël. La dernière partie du livre est consacrée à certains de ses enseignements regroupés par le Rav Yaakov Lévi. Il était un homme courageux, et il enseignait ce courage : ne pas avoir peur, affirmer son identité juive, monter en Israël, voilà des valeurs qui le caractérisent.

Pour se procurer le livre :

Librairies en France

Librairies francophones en Israël

- En Israël : E-Market, 51 rehov Hakhmi Bayit Vagan 93540 JÉRUSALEM. Tel : 05 42 36 88 82

- En France : Éditions Groupe EFC, 38 bis rue Vivienne 75002 PARIS. Tel : 01 40 26 56 56

- Auprès de l’auteur : Tel (en Israël) 05 49 40 68 84. Email : esh1954@yahoo.fr

Bookmark and Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>