Par Laly Derai,
Il y a les réfugiés palestiniens… et puis il y a tous les autres ! Les premiers ont droit à une agence onusienne, l’UNRWA, entièrement dédiée à leur cause, ceux du reste du globe (Cambodge, Darfour, Bosnie ou Congo) se suffisent de l’UNHCR
Mais la différence ne s’arrête pas là.
Créée en 1949, l’UNRWA est de loin la plus grande agence des Nations Unies avec ses 25 000 employés, parmi lesquels 99 % de réfugiés palestiniens recrutés localement et qui ont donc tout intérêt à ce que l’UNRWA poursuive sa mission… Pour sa part, l’UNCHR se contente de 7 685 employés, chargés de plus de 34 millions de réfugiés de par le monde… À l’UNRWA, on trouve un employé pour 172 réfugiés. À l’UNHCR, 4 424 réfugiés se partagent un employé.
À en croire les statuts de l’agence, les employés palestiniens de l’UNRWA auront du travail encore bien longtemps puisqu’en effet, la définition de « réfugié palestinien » couvre également les descendants des Palestiniens devenus réfugiés en 1948. En conséquence, le nombre de réfugiés palestiniens enregistrés est passé de 711 000 en 1950 à plus de 5 millions aujourd’hui et continue à augmenter du fait de l’accroissement naturel de la population. Soit dit en passant, seuls les Palestiniens ont droit à cette « faveur »…
Tant et si bien qu’on peut dire que tandis que l’Agence centrale des Nations-Unies pour les réfugiés aide les réfugiés à se réinstaller, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens amplifie et perpétue le problème des réfugiés placés sous son aile.
Ce paradoxe est en premier lieu dû à la définition étrange que l’UNRWA a donnée aux réfugiés palestiniens. En effet, est appelé réfugié « toute personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948 ». Avec le temps, les descendants se sont donc ajoutés à ce cadre légal, mais aussi ceux qui, au fil des années, se sont enrichis et sont même devenus propriétaires terriens.
Plus de 600 000 Juifs des pays arabes ont été forcés de les quitter suite au conflit. Ils se sont installés en Israël, souvent dans des conditions très difficiles, laissant derrière eux un passé, un patrimoine, une culture, mais aussi des biens. Ils se sont intégrés à la population, ont participé à la construction du pays. Aujourd’hui, leurs descendants représentent la moitié de la population juive en Israël…
Les réfugiés palestiniens, quant à eux, sont pris dans un piège, comme l’expliquait Alexander Galloway, ancien directeur de l’agence pour les réfugiés en Jordanie : « Les nations arabes ne veulent pas résoudre le problème des réfugiés arabes. Ils veulent le garder comme une plaie ouverte… comme une arme contre Israël »…