Eva Sandler Un Kollel pour un hommage éternel

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Mars 2012, le Rav Yonathan Sandler (z »l), ses deux fils Arieh et Gabriel (z »l) et Myriam Monsonégo (z »l) étaient assassinés de sang froid par un terroriste dans l’école Ozar Hatorah de Toulouse. Cet attentat avait suscité une onde de choc dans la communauté juive bien sûr, mais aussi dans la classe politique et publique française. Plus particulièrement, ce sont deux familles, piliers de la Torah, qui ont été lourdement endeuillées par ce drame : celle du Rav Monsonégo, directeur de l’école, qui perd sa plus jeune fille, et la famille Sandler venue à Toulouse de Jérusalem. Yonathan (z »l) a laissé derrière lui sa femme Eva et sa fille Liora, 18 mois au moment des faits. Six mois après, Eva Sandler mène un projet de la plus haute importance : créer un Kollel à Jérusalem à la mémoire de son mari, de ses fils et de la petite Myriam (הי« ד ).

 

Le P’tit Hebdo : Mme Sandler, habitez-vous en France ou en Israël ?

Eva Sandler : J’habite actuellement en France, ce n’est pas l’envie qui me manque de revenir en terre sainte mais pour le moment j’ai besoin d’être auprès de ma famille pour être épaulée dans ces durs moments.

Lph : Comment avez-vous vécu ces mois depuis l’attentat de Toulouse ? Avez-vous été entourée ? Les autorités françaises répondent-elles à vos attentes ?

E.S. : Je remercie Hachem pour la force qu’Il me donne, et ma famille qui est toujours auprès de moi pour me soutenir du mieux qu’elle le peut. Le maire de sarcelles M. Puponi est extrêmement gentil et m’a beaucoup aidée pour faciliter mon intégration dans la ville où j’ai choisi de m’installer pour le moment.

Lph : Pourquoi avoir décidé de créer un Kollel à la mémoire de votre mari et de vos fils (z »l) ?

E.S. : J’ai décidé de créer un kollel pour plusieurs raisons. La première pour que tous les jours des personnes étudient à leur mémoire. La deuxième parce que mon mari z’al aimait énormément étudier, et c’est pour moi une façon de lui rendre hommage en perpétuant ce qui lui tenait vraiment à cœur. Mon mari הי« ד s’était dévoué pour propager le nom d’Hachem autour de lui. Il avait décidé de venir s’installer à Toulouse pour partager et enseigner la Torah qu’il avait apprise de ses maîtres à Yeroushalayim. Et je sais qu’il aurait éduqué nos enfants Arieh et Gabriel הי״ד dans cette même voie.

Certes, leur disparition a secoué le monde entier, et beaucoup de nos frères ont pris sur eux des engagements pour l’élévation de leurs âmes. Mais l’être humain est fait de chair et de sang, comme nous le disons à Yom Kippour à la fin de la Amida :  » le yetser hara est de feu et moi je suis de chair et de sang. » Combien de temps seront-ils secoués ? Combien de temps pourront-ils tenir leurs engagements ? Je suis consciente de la difficulté que cela comporte. Ainsi, la création d’un Kollel à Jérusalem qui encadre des jeunes gens dans l’étude et la propagation de la Torah est à mes yeux la meilleure façon de leur rendre hommage. Et lorsque je me reposerai la question « POURQUOI ? » Je pourrai dire « POUR ÇA ». Quant à la question : « jusqu’à quand ? » Éternellement, cet hommage ne verra pas de fin. Comme disent Hazal : » si le yetser hara vient te perturber, entraîne-le au beit hamidrach ; là-bas il n’a pas accès. »

La troisième raison est pour que Liora ma fille, qui aura à peine connu son père et ses frères, puisse en grandissant avoir la satisfaction de se dire : « je ne les ai pas connus mais ce qui a été créé en leur mémoire vaut ce qu’ils étaient », et ainsi elle apprendra leurs valeurs à travers ce projet.

Lph : Où en est le projet en ce début d’année 5773 ?

E.S. : La communauté́ francophone avait déposé́ une demande à la mairie de Jérusalem depuis déjà̀ deux ans afin de recevoir un local pour créer une synagogue (pour cela il fallait 50 signatures de familles francophones, et Yonathan z »l et moi-même faisions partie de ces 50 signataires), mais malheureusement il y a eu sur le chemin plusieurs embûches et oppositions. Après le drame de Toulouse les choses se sont débloquées et la mairie a enfin accepté de nous donner le local que nous avons aujourd’hui, et qui porte le nom de « Beith Sandler ». Aujourd’hui, plus de 80 familles fréquentent le « Beith Sandler » pendant la semaine et le Shabbat. À partir de là, on a décidé́ d’ouvrir un centre d’études (Kollel) afin de former des futurs Rabbanim francophones reconnus par le Rabbinat de Jérusalem. Ce centre d’études comprendra au minimum une dizaine d’étudiants francophones et un enseignant. Puis nous souhaitons agrandir le cercle d’activités, comme par exemple avec des activités pour enfants en après-midi, des cours pour femmes, et dans le futur ouvrir aussi une caisse d’aide financière pour les familles les plus démunies.

Lph : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?

Au jour d’aujourd’hui la synagogue fonctionne déjà̀ tous les jours et on a connu un succès énorme pendant les fêtes de Rosh Hashana. Quant au centre d’études, l’ouverture avait été́ programmée pour le début du mois d’Eloul, mais elle a été́ repoussée après les fêtes pour des raisons financières. Nous espérons trouver des donateurs qui pourraient verser une participation (même petite) mensuelle, et ceci pour deux raisons. Premièrement pour donner la possibilité́ à un maximum de personnes de participer et de s’associer à ce magnifique projet à la mémoire de mon mari Yonathan z »l, de mes enfants Arié et Gabriel z »l et de la petite Myriam Monsonégo z »l. Deuxièmement, pour que ce projet puisse perdurer à tout jamais.

Lph : Qu’attendez-vous de la population francophone en Israël ?

E.S. : Mon souhait, comme je l’ai déjà̀ dit est qu’un maximum de personnes qui se sont senties concernées par ce drame prennent part au projet, et n’oublions pas que  »l’union fait la force ». Je souhaiterais que la totalité́ de la population française et francophone dans le monde prie pour la venue du Mashia’h.

Lph : Quel est votre souhait le plus cher pour cette nouvelle année ?

E.S : Vu les difficultés que nous vivons en ce moment dans le monde entier, il n’y a plus de solutions à l’échelle humaine. L’ultime solution est le Mashia’h.

Pour plus de renseignements :

Rav MARCIANO Shmouel au 00 972 547236004 ou par mail shemouel.m@gmail.com

Madame ACOCA Merav (sœur de Eva Sandler) au 06.20.34.82.75 ou par mail beithsandler@gmail.com

BEITH SANDLER

14 Avenue du 8 mai 1945

95200 Sarcelles

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