Un Résumé de la sidra Haazinou:
Au cours des six premières montées, Moshé prend à témoin le ciel et la terre pour composer un très beau poème à l’attention d’Israël. Ce sont ses dernières recommandations, sous forme de prophétie assez sombre sur l’avenir du peuple, qui se détournera de la voie de son maître. Trois principes ont donc été mis en place pour maintenir le peuple sur le droit chemin au cours de l’histoire :
le livre de la Torah (et ce poème en particulier) sera lu et étudié en permanence.
Il faudra étudier l’histoire : le passé et l’expérience des anciens sont indispensables.
Il faut saisir les allusions que Dieu adresse au peuple à travers les événements extérieurs, qui les touchent.
La septième montée elle, raconte la mort de Moshé sur le mont Nébo, en face, mais à l’extérieur de la terre de Canaan.
LECTURE DE LA TORAH A SOUCCOT
Lectures du premier jour de Souccot (1-10-2012) :
Nous sortons deux Sifré torah
Dans le premier Sefer nous lisons, dans le livre de Vayikra (lévitique), dans la Sidra Emor, le passage « Chor o Khessev » : du verset 26 chap. 22, au verset 44 chapitre 23. Cinq personnes montent à la Torah.
Première montée : il est interdit de sacrifier au Temple un animal de moins de 8 jours. De même il est interdit d’abattre, le même jour, un animal et son petit.
Deuxième montée : Dieu demande à Moshé d’indiquer au peuple le calendrier de toutes les fêtes. Tous les sept jours, le Chabbat sera férié. Les autres jours fériés, « déclarés saints » commencent par Pessah le 15 du premier mois (Nissan) qui sera suivi de six autres jours de « mi-fête » .Le lendemain du jour férié, un volume d’environ deux litres (Omer) d’orge est offert au Temple. Cela permettra de consommer la nouvelle récolte.
Troisième montée : 49 jours plus tard, c’est la fête de Chavouot. On offrira au Temple deux pains et des sacrifices animaux. Cette fête tombant à l’époque des moissons, on rappelle qu’il faut laisser aux pauvres les épis tombés lors de la récolte ainsi que les coins des champs.
Quatrième montée : le premier jour du septième mois (appelé aujourd’hui Tichri) est férié ; c’est le jour du « souvenir par la sonnerie » du chofar (ce que nous appelons aujourd’hui » Roch Hachana »). Le dix de ce même mois sera le jour de Kippour ; il faudra s’affliger (entre autres par le jeûne) et ce sera un jour férié.
Cinquième montée : le quinze de ce septième mois commence la fête de Souccot : le premier et le huitième jour sont fériés. On prendra quatre sortes de végétaux (appelés aujourd’hui « Loulav ») et on habitera des cabanes en souvenir de la sortie d’Égypte.
Dans un second Sefer, nous lisons le Maphtir : nombres 29-12 dans la sidra Pinhas
Le 15 du septième mois (premier jour de la fête de Souccot) voici la liste des sacrifices supplémentaires apportés au Temple : 13 bœufs, 2 béliers, 14 agneaux et un bouc.
Deuxième jour de Souccot (mi-fête) (2-10-2012) :
Nous sortons un seul Sefer Torah et nous y lisons la suite du « Maphtir » de la veille, c’est-à-dire la liste des sacrifices apportés au Temple ce jour là : c’est la même liste, en dehors du fait qu’à la place des 13 bœufs, on n’en sacrifie que douze !! Ce court passage est relu à chacune des trois montées.
Troisième jour de Souccoth (3-10-2012):
Nous lisons les versets suivant ceux de la veille. La liste des sacrifices comprend cette fois non plus 12 bœufs mais 11 !
Ainsi de suite, chaque jour suivant nous lisons le passage relatif aux sacrifices du jour. Le nombre de bœufs sacrifiés diminue. De 13, puis 12, puis 11 nous arrivons le septième jour à 7 bœufs ! Ce qui fait un total de 70 bœufs pendant tous les sept jours (rappelons que 70 est le chiffre biblique de l’ensemble des nations de la terre !).
Chabbat « Hol Hamoed »- 6ème jour de Souccot (6-10-2012) :
Nous sortons deux Sifré Torah
Dans le premier, la lecture est faite dans la Sidra de « Ki Tissa »(exode 33-12), et elle est partagée en sept montées :
Moshé implore le pardon de Dieu après la faute du veau d’or. Dieu lui ordonne de remonter sur le mont Sinaï pour recevoir d’autres tables de la loi, les premières ayant été brisées .Cette fois c’est Moshé qui doit tailler les deux tables en pierre et Dieu y inscrira les Dix Paroles.
Moshé prononce les treize mots qui définissent les treize attributs de Dieu. (Ces treize mots sont récités encore aujourd’hui pour implorer le pardon divin chaque jour de la semaine et bien sûr à Kippour.)
Dieu renouvelle son alliance avec le peuple et rappelle que la condition de l’entrée en terre d’Israël sera l’abolition de toute idolâtrie.
Au cours des trois fêtes annuelles : Pessah, Chavouot et Souccot, tout le peuple doit monter au Temple. Enfin il est rappelé l’interdit de faire cuire un jeune animal dans le lait de sa mère (source de l’interdiction de mélanger viande et laitages).
Dans le second Sefer Torah nous lisons le Maphtir : c’est en fait le passage qui rapporte les sacrifices apportés le 6ème jour de Souccot.
Le septième jour de Souccot (dimanche 7 oct. 2012) n’est pas férié. Comme les cinq jours précédents il fait partie des « mi-fêtes ». Cependant, depuis l’époque des « Guéonim »(9ème siècle) ce jour est nommé « Hochaana Rabah » (grande délivrance). La coutume d’étudier toute la nuit (samedi soir) se répand en Israël. On tourne sept fois autour de la Teva avec le Loulav au lieu de tourner une seule fois comme les 6 premiers jours de Souccot. On se sépare, ce jour là, de la Souccah et du Loulav et l’on prend en main à la fin de l’office cinq branches de « Aravah »(saule).
Lectures de la Torah lors du huitième jour de Souccot (8-10-2012) :
Ce jour férié est appelé « Chemini Atseret » – « le huitième jour de clôture ». Mais depuis l’époque babylonienne, on y célèbre aussi la fête de « Simhat Torah » – « La joie de la Torah », puisqu’à la fois nous clôturons la lecture de la Torah et nous recommençons tout de suite à la lire depuis son début. En dehors d’Israël, ces deux fêtes sont célébrées séparément, un jour après l’autre. Mais en Israël, elles le sont simultanément.
Nous sortons trois Sifré Torah :
Dans le premier Sefer nous lisons toute la sidra de « Vezot Haberakha ». Cette Sidra ne sera pas relue lors d’un Chabbat. Elle clôture la Torah. Elle détaille les différentes bénédictions que Moshé prodigue à chacune des douze tribus. Puis elle relate la mort de Moshé. Une belle mais longue (!) coutume veut que l’on fasse monter à la Torah toutes les personnes présentes et même les tout petits enfants. Le « Hatan Torah » (prince de la Torah) est le dernier à monter et relit toute la Sidra « Vezot haberakha ».
Dans un second Sefer Torah, et, sans transition, on fait monter le « Hatan Berechit » (fiancé à la Torah, par son début) qui lit le début de la Torah, à savoir l’histoire de la création du monde.
Dans le troisième Sefer Torah, on lit le Maphtir : c’est en fait le passage lié non plus à Simhat Torah mais à la fête de « Chemini Atseret ». Nous lisons la liste des sacrifices apportés au Temple ce jour là : un seul bœuf (correspondant au peuple d’Israël, alors que les sept premiers jours, les 70 bœufs représentaient les 70 autres nations), puis un bélier, 7 agneaux et un bouc.
MICHEL BENSOUSSAN