Victoire Exceptionnelle de l’Armée Kényane sur les Shabaab somaliens liés à Al Qaeda. Des Conseillers Israéliens y ont Fortement Contribué.
L’armée kényane a conquis le port somalien de Kismayo sur l’Océan Indien, expulsant ainsi la filiale somalienne d’Al Qaeda, Al Shabaab hors de son dernier bastion stratégique, la clé pour le contrôle du sud de la Somalie. La petite armée kényane, sa marine et ses forces aériennes combattaient pour la victoire, samedi 29 septembre, après une offensive sur terre, sur mer et par air qui dure depuis un an.
Craignant que les Shabaab simulent la défaite, pour mieux se cacher dans les allées de la ville et frapper par surprise, les navires de guerre kényans soutenus par la marine nationale française, ont bombardé, dimanche, les lieux soupçonnés d’être des abris terroristes dans Kismayo. Kismayo était l’objectif fondamental de Nairobi, lorsqu’il y a exactement un an, l’armée kényane a lancé son intervention en Somalie, à la suite de l’échec de celle soutenue par l’ONU pour débarrasser la Somalie des terroristes islamistes, qui sévissaient depuis de longues années dans ce pays.
Avec une population de 200 000 habitants, Kismayo, qui est situé à 528 kms au sud de Mogadiscio, près de l’embouchure du fleuve Jubba, est la capitale commerciale de la région autonome du Jubaland somalien, qui est concomitante du Kenya.
Très peu d’experts militaires occidentaux misaient sur le fait que l’armée kenyane, qui ne dispose que de 60 000 soldats, soit capable de mettre en déroute les 25 000 militants Shabaab, réputés être des durs à cuire et de conquérir une région d’importance en Somalie – un exploit qui se mesure à la défaite notoire des forces d’élite américaines, en 1993, à Mogadiscio et au retrait forcé de l’armée éthiopienne, au prix de lourdes pertes, en 2006.
Mais, bien que Washington et Paris ait démenti toute ingérence dans le conflit Est-Africain, les Etats-Unis ont bel et bien contribué à l’effort kényan au moyen de drones, recueillant des renseignements pour l’armée kenyane et guidant le ciblage de son artillerie, alors que des bateaux de combat et d’approvisionnement français opérant au large du port de Mombassa, sur l’Océan Indien, au Kenya, délivraient des fournitures, des munitions et débarquaient des renforts de troupes fraîches kényanes sur la côte somalienne.
Jérusalem et Nairobi ont été encore plus discrets, au sujet de la contribution substantielle d’Israël à l’effort de guerre kényan, visant à expulser les affidés d’Al Qaeda loin de ses frontières.
Selon des sources exclusives du contre-terrorisme proches de Debkafile, l’assistance militaire israélienne au Kenya s’est manifesté essentiellement sous trois formes :
1. Des officiers de l’armée israélienne ont fait office de conseillers dans la planification des opérations kényanes sur le terrain. Ils ont recommandé de lancer des incursions par des opérations spéciales systématiques derrière les lignes du Shabaab pour générer la confusion dans les rangs ennemis, plutôt que de procéder à des avancées rapides pour conquérir de larges portions de territoire.
2. Israël a fourni des armes appropriées à Nairobi, pour mettre en oeuvre ces tactiques, comprenant des drones et de l’équipement de renseignements sur le terrain.
3. Des spécialistes israéliens du renseignement, de la police et des opérations spéciales du contre-terrorisme ont conseillé les autorités de la sécurité intérieure kenyane, concernant la sécurité des grandes villes.
Depuis le Premier Jour de l’opération du Kenya en Somalie, la milice somalienne d’Al Qaeda menaçait de mettre sur pied des méga-attentats sur Nairobi et Mombassa, le principal port de l’armée kényane pour l’approvisionnement en matériel de guerre.
Cette menace a pu être évitée avec l’aide des experts du contre-terrorisme israélien, qui ont assisté les autorités dans les deux villes. Les Jihadistes en ont été réduits à des attentats comparativement de plus petite échelle, avec un minimum de victimes, comme de projeter des grenades et de prendre pour cible le trafic routier.
Au cours de la dernière attaque de ce genre, un enfant kényan a été tué et trois autres gravement blessés par une grenade lancée dans l’Eglise St Polycarp, lors de l’école du dimanche (catéchisme) à Nairobi, dimanche 30 septembre.
L’amitié israélo-kenyane remonte à longtemps, mais c’était la première fois que des officiers de l’armée, du renseignement, du contre-terrorisme et de la police d’Israël étaient appelés à remplir un rôle direct dans une offensive concertée contre Al Qaeda à l’extérieur de ses frontières.
L’exploit de l’armée kényane a mis en déroute la filiale d’Al Qaeda, contraignant les terroristes à choisir entre le fait de mettre de bonnes distances entre eux et le sud de la Somalie ou être capturés par les forces kényanes qui les traquent.
L’Afrique de l’Est peut commencer à se projeter vers un avenir meilleur. Nairobi s’est engagé à un investissement substantiel dans le développement de Kismayo et de ses installations portuaires, tout en allant aussi de l’avant dans ses projets de bâtir un grand port moderne dans sa propre ville de Lamu, sur l’Océan Indien.
Avec l’élimination de la menace d’Al Qaeda à ses frontières, le Kénya prévoit l’émergence de trois importants débouchés de l’Est Africain, à Mombassa, Lamu et Kismayo. Tous trois fourniront également aux Etats-Unis, à la France et à Israël, des bases militaires stratégiques, navales et aériennes, en bonne posture pour bloquer la ruée iranienne dans son expansion sur l’Océan Indien et le long des côtes de l’Afrique de l’Est.
DEBKAfile Reportage Exclusif 1 Octobre 2012, 8:40 AM (GMT+02:00)
Adaptation : Marc Brzustowski.