Ressembler a D.ieu et a l’homme

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A la différence de toutes les autres langues, l’Hébreu peut être définie comme une « langue réalité » dans le sens ou chaque mot incarne dans sa structure interne l’essence de l’objet qu’il définit. Nous allons appliquer ce principe dans les lignes qui suivent pour le premier nom qui fut donné à l’homme : « adama » qui signifie « terre » mais aussi la racine verbale «  damo » c’est-à-dire « ressembler ». Notre étude aura pour but de trouver le lien unissant ces deux racines et nous expliquerons ainsi l’une des composantes fondamentales de la nature humaine.

Cette dualité peut être d’abord comprise sur un plan vertical ;  c’est-à-dire dans le rapport que l’homme doit avoir vis-à-vis de D.ieu. La créature doit ressembler à son Créateur. Mais paradoxe suprême ;  cette ressemblance ne deviendra possible qu’en  réduisant la dimension « créateur ». En d’autres termes, plus l’individu accordera de la place et de l’importance à son égo moins il ressemblera à D.ieu. C’est le rapport qui régit ici, les mots « terre » et « manger ». Si l’homme parvient à encrer en lui la qualité de « terre » qui est d’être constamment foulée  par le pied de l’homme. S’il arrive à  imprégner d’humilité chaque  geste de sa vie, il pourra prétendre à la ressemblance divine.

Pour comprendre cette équation, il nous faut citer le Talmud : Au traité Sota 5a,  nos Maitres discutant de la vertu de l’humilité et de son contraire, l’orgueil, rappportent les propos de D.ieu qui déclare : « Moi et lui (l’orgueilleux) nous ne pouvons demeurer ensemble dans ce monde ».  Comme le dit le Prophète Isaïe 6 :3 : « Toute la terre était remplie de Sa Gloire ». On ne peut concevoir une autre existence indépendante  en dehors de D.ieu. Bien qu’à nos yeux le monde paraisse doué d’une autonomie, il reste en fait à chaque instant dépendant de la Volonté créatrice de D.ieu.

L’illusion de notre pouvoir de créer, de transformer et de dominer nous fait rapidement oublier que   D.ieu reste pleinement le Maitre d’œuvre de tous nos faits et gestes, tout en nous laissant le Libre arbitre. Mais si l’homme garde en lui a chaque instant cette conscience, sa capacité, à faire sienne les attributs divins sera plus grande. En effet, il ne peut y avoir de réelles progressions spirituelles  quand d’un autre coté  l’individu valorise son « moi » par un gout prononce pour des valeurs matérielles.

UNE CREATION MULTIPLE

Mais le rapport entre les mots « terre » et « ressembler » peut être également perçu sur le plan horizontal : de l’homme à son prochain. L’être humain n’a pas été crée unique. SA vie en société  l’oblige à des devoirs envers son prochain. Non seulement par  impératif moral mais aussi pour l’équilibre et la bonne marche de vie communautaire ?

«   Si la maison s’est effondrée, malheur aux fenêtres » nous dit le Midrach. Cependant, il existe un autre type de devoir qui incombe à l’homme » d’une manière plus délicate. Celle d’être un exemple pour ses semblables. Le monde fut créé par D.ieu de telle sorte qu’un grand nombre d’individus recherche chez l’autre un style de pensée qu’il aimerait adopter. C’est d’ailleurs sur ce trait de la nature humaine que s’est fondé pendant des siècles l’idée de héros. Sa fonction consistait entre autres choses à offrir au commun des mortels un certain idéal auquel il puisse ressembler.

D’une certaine façon le Judaïsme exige de chacun d’entre nous d’être ce « héros ». Cela signifie qu’en société nous devons avoir une attitude, dirons-nous, presque parfaite pour inciter ceux qui nous entourent à s’y confirmer. L’impératif de faire le Bien est donc à la fois une nécessité personnelle intrinsèque et a également une valeur sociale. Notre comportement peut à lui seul inciter d’autres personnes à y adhérer. C’est cette valeur sociale qui nous expliquera le lien étiologique en Hébreu entre le verbe « ressembler » et le mot « terre ». Il s’agit donc de faire un effort pour améliorer notre comportement en société pour que ceux qui nous côtoyent veuillent nous ressembler. Ceci implique de notre part un grand effort d’humilité (allusion à la terre). Pour ce faire nous devons mettre de côté tous nos défauts et adhérer pleinement à l’idéal de la Tora. Ainsi tous ceux que côtoyons auront l’envie de nous ressembler.

 

RAV YAACOV SPITEZKI

054 23 99 791

shorashim@yahoo.com

SHORASHIM

Le centre pour les étudiants francophone

Université Hébraïque de Jérusalem

 

 

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