Richard Prasquier: « Il est absurde de dire que les Juifs n’ont plus d’avenir en France »

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Président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) depuis 2007, Richard Prasquier est un observateur et un acteur de premier plan de l’actualité française. Il est un interlocuteur privilégié des autorités publiques et un relais entre la communauté juive et ces mêmes autorités. Les derniers développements de l’actualité ont de nouveau placé les Juifs de France, bien malgré eux, au cœur des événements. Richard Prasquier nous livre son sentiment sur la France, les Juifs et la menace islamiste.

 

Le P’tit Hebdo : Les Français sont-ils en train de découvrir une  »menace islamiste » ?

Richard Prasquier : Il faut bien comprendre que l’on parle aujourd’hui de plus en plus de ces réseaux islamistes, ce qui suscite une inquiétude auprès de la population. Mais ces réseaux ne sont pas des phénomènes nouveaux, ils existaient déjà depuis un moment, ils étaient simplement moins visibles.

Mohamed Merah est l’illustration de ce propos. Au départ, il a été perçu et présenté comme un individu isolé, ayant suivi des  »stages » en Afghanistan. Partant de là, personne n’a cherché à aller plus loin. Au contraire, nous avons même été choqués par des articles qui le présentaient comme une personne rencontrant des difficultés d’intégration, qu’il fallait essayer de comprendre ! Aucune réelle remise en cause, ni réflexion n’avaient alors été engagées.

Lph : Y avait-il des éléments qui auraient dû alerter les autorités publiques ?

R.P. : Effectivement, depuis l’attentat de Toulouse il s’est passé une série d’événements qui auraient dû être pris très au sérieux plus tôt. Le premier fut le refus d’un grand nombre d’élèves d’observer la minute de silence ordonnée par le Président Sarkozy à la mémoire des victimes de Mohamed Merah. Refus qui s’est d’ailleurs prolongé par le statut de héros que ce terroriste a acquis auprès de certains jeunes musulmans. D’autre part, le nombre d’agressions antisémites dans les six semaines qui ont suivi a fait un bond.

Tous ces éléments ont fait que la communauté juive a pris conscience plus rapidement de la profondeur du problème. Aujourd’hui, davantage qu’après l’attentat de Toulouse, la communauté nationale semble prendre conscience de l’ampleur du système islamiste radical.

Lph : Vous avez été reçu par François Hollande et Manuel Valls. Était-ce différent que lorsque Nicolas Sarkozy vous avait reçu après l’attentat à Ozar Hatorah ?

R.P. : Je ressens toujours une satisfaction lorsque je constate, comme auparavant avec Nicolas Sarkozy, une implication des pouvoirs publics au plus haut niveau de l’État. La différence est que Nicolas Sarkozy nous avait reçus en même temps que les responsables communautaires musulmans. Le message était clair : pas d’amalgame, pas d’islamophobie. Mais finalement, cette crainte de tomber dans l’islamophobie a fait oublier l’antisémitisme croissant.

Lph : Qu’attendez-vous des responsables musulmans ?

R.P. : Ils doivent réagir énergiquement, ne pas se cacher derrière le spectre de l’islamophobie.

Lph : Pourquoi avez-vous comparé l’islamisme au nazisme ?

R.P. : J’ai dit que faire preuve d’indulgence face à l’islamisme radical revenait à faire preuve d’indulgence face au nazisme. Et je le maintiens. Je veux que la société française se rende compte de la gravite du phénomène.

Lph : Êtes-vous satisfait de l’action récente du gouvernement dans les milieux islamistes ?

R.P. : Je constate que le Président Hollande et son ministre de l’Intérieur, mais aussi tous les responsables politiques qui touchent à ce sujet, s’impliquent sérieusement et sincèrement dans cette lutte. Lorsque j’ai rencontré François Hollande, j’ai pu constater qu’il était très au courant des évolutions du dossier et de la situation de la communauté juive en France, ainsi que des attaques qui la visent. Il est maintenant trop tôt pour dire quelles suites réelles seront données, mais je peux affirmer que les pouvoirs publics sont de véritables partenaires dans ce combat.

Lph : La communauté juive en France a-t-elle des raisons d’être inquiète ?

R.P. : Il est clair que l’inquiétude est présente et même grandissante. Je pense que nous n’échapperons pas, malheureusement, à d’autres attaques antisémites dans les prochains temps. Néanmoins, la population juive française a des ressources. Il faut arrêter de tout voir en noir et blanc ! Il est absurde de dire que les Juifs n’ont plus d’avenir en France ! Ceux qui comparent la France d’aujourd’hui à l’Allemagne des années 1930 ne savent pas de quoi ils parlent !

Il ne faut pas négliger non plus la situation économique dans laquelle se trouve la France aujourd’hui, qui a aussi une influence sur l’augmentation des phénomènes d’économie souterraine et de violence que l’on peut constater sans que cette violence ait toujours un lien avec l’antisémitisme. La situation est difficile certes, mais il faut mener les combats qui se présentent devant nous, arrêter d’affoler, de faire peur. Nous avons les moyens de mener ces combats.

Lph : Quels sont exactement les combats que vous entendez mener ?

R.P. : Ce sont des combats que nous menons depuis plusieurs années déjà. Il y en a principalement deux. Un premier auprès des pouvoirs publics pour assurer notre sécurité, un second auprès des médias et des prescripteurs d’opinion pour qu’ils cessent leur propagande agressive contre Israël, qui indiscutablement favorise les vocations de terroristes.

Lph : Êtes-vous optimiste quant à l’issue de ces combats ?

R.P. : Celui pour notre sécurité est déjà sur une voie encourageante. Sur ce plan comme sur celui de ce que l’on estime être le  »politiquement correct », je crois que peu à peu, la prise de conscience va progresser, peu à peu les mentalités vont évoluer. Il y a un mouvement qui émerge, à nous de le renforcer.

Il faut aussi ajouter, pour être tout à fait complet, que la solution miracle n’existe pas : plus de pédagogie ? Plus d’éducation ? Plus de sanctions judiciaires ? Si elle était facile à trouver, cela se saurait. Des événements peuvent aussi surgir et tout remettre en cause. Mais l’image d’ensemble me porte à croire qu’en s’armant de patience, on pourrait assister à une avancée réelle pour les valeurs dans lesquelles nous croyons.

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One Response to Richard Prasquier: « Il est absurde de dire que les Juifs n’ont plus d’avenir en France »

  1. joseph

    on lui laisse la france a mr prsaquier ,nous on est deja en israel !

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