En ces temps troubles sur l’avenir de la France et des Juifs qui y résident, il nous a semblé intéressant de recueillir l’avis d’Ariel Kandel, directeur de l’Agence Juive en France.
Le P’tit Hebdo : Que vous inspire l’actualité en France ?
Ariel Kandel : Très franchement, je ne suis pas étonné de l’évolution des faits au regard du phénomène islamiste en France. Ce qui m’étonne davantage est la réaction des gens qui semblent tout à coup réaliser qu’un tel problème menace la France.
Lph : Êtes-vous inquiet pour les Juifs qui vivent en France ?
A.K. : La communauté juive est la cible affichée, prioritaire de ces groupes extrémistes. On a vu jusqu’où ils étaient capables d’aller… Donc oui, je m’inquiète pour mes frères juifs qui sont directement visés par des personnes dont la dangerosité ne fait aucun doute.
Lph : Mais les autorités publiques ont agi ces derniers temps. Cela ne vous rassure-t-il pas ?
A.K. : Effectivement, il faut dire que contrairement à ce que certains laissent entendre, les services de renseignement et la police française travaillent de façon active. Malgré tout, je ne suis pas rassuré pour autant. Nous savons que les Islamistes peuvent attaquer les Juifs partout dans le monde.
Lph : Faut-il alors pousser les Juifs de France à faire leur Alyah ?
A.K. : Il est toujours délicat de donner des conseils aux autres… Surtout lorsque l’on ne vit pas dans leur contexte. D’ailleurs, la recrudescence des actes antisémites ne s’est pas traduite par une augmentation de l’Alyah, au contraire nous avons même enregistré une légère baisse. L’Alyah des Juifs de France n’est pas conditionnée par la situation du pays.
Certes, elle n’est pas bonne, mais il faut comprendre les personnes qui ont un métier et une famille à nourrir. Je crois que toutes les familles juives de France ont en tète une idée d’Alyah. Mais il faut du courage pour franchir le pas dans leur cas.
Nous serons toujours là pour les aider si elles ont le projet d’alyah, mais elles n’ont pas besoin de nous pour être encouragées. En revanche, la donne est différente pour les jeunes de moins de 30 ans.
Lph : C’est cela la nouvelle ligne directrice de l’Agence Juive ?
A.K. : Je ne parlerais pas de »nouvelle ligne », je dirais plutôt que nous adoptons une approche plus réaliste des situations de chacun. Il faut pousser les jeunes à découvrir Israël, à s’y installer avant de faire leur vie et de fonder une famille en France. C’est pour cela que nous avons mis au point plusieurs programmes comme le programme MASSA auquel participent un nombre croissant de jeunes Français. À l’issue de cette aventure qui dure entre quatre et dix mois, la majorité des participants décident d’adopter la nationalité israélienne.
Lph : L’avenir des jeunes Juifs de France est-il en France ou en Israël ?
A.K. : Oui, je le pense. Les Juifs français entretiennent un lien très fort avec Israël. Les jeunes aujourd’hui sont motivés par des raisons idéologiques mais aussi économiques puisqu’ils prennent conscience que leur situation professionnelle ne s’annonce pas meilleure en France qu’en Israël. Et évidemment, l’aspect sécuritaire est dans leur tête. Tout cela fait que la population des moins de 30 ans est privilégiée quant à l’alyah et favorisée pour une future intégration réussie en Israël.
Bonjour
je pense qu’Israel facilite beaucoup de choses pour l’alyah des jeunes juifs de France, mais ne fait pas içi un recrutement véritable comme si l’A Juive savait à quel point l’intégration est difficile parceque pas assez adaptée à la jeunesse juive française un peu pantouflarde et choyée donc non habituée à la dure réalité du pays. Il me semble qu’effectivement les juifs de France peuvent apporter beaucoup au pays mais il faudrait le leur expliquer, et non pas leur ouvrir la porte de l’avion et les lacher sans explication et sans parachute. il ne s’agit pas de ma part d’une critique, je cherche simplement comment faire comprendre moi aussi à mes jeunes agés de 30 et 26 ans qu’Israel, porte de l’Asie est l’ouverture au Monde futur et non pas seulement un refuge.Py