Rav Yossef Haïm Sitruk: « Je voudrais pouvoir ne plus être un simple spectateur d’Israël »

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Comme chaque année, le Rav Yossef Haïm Sitruk, ancien Grand Rabbin de France, nous honore de sa présence pendant les fêtes de Souccot. Plus précisément, il offre à un public nombreux une veillée d’Hoshana Raba unique.

Il a accepté de répondre à nos questions afin de nous apporter son éclairage sur l’actualité des Juifs français en France et en Israël.

 

Le P’tit Hebdo : Comment la veillée d’Hoshana Raba s’est-elle déroulée cette année ?

Rav Yossef Haïm Sitruk : Encore mieux que d’habitude ! Chaque année, de nombreuses personnes se déplacent, mais cette fois-ci, j’avoue qu’il y avait encore plus de monde. Nous avons étudié de minuit jusqu’à 4h30. Cette veillée est devenue l’un des rendez-vous des Français qui viennent de tout Israël pour y participer.

Lph : Y-a-t-il des différences entre le public que vous rencontrez en France et celui d’Israël ?

Rav Y.H.S. : En Israël, je rencontre des personnes qui viennent de France et ont souvent gardé la même mentalité, le même besoin de se retrouver entre eux. Tout ceci couplé à une intégration en Israël, qu’ils ne délaissent pas pour autant.

Ainsi, il est remarquable que les Francophones en Israël ont su s’intégrer tout en conservant leur spécificité.

Lph : Quelle est la spécificité des Juifs de France ?

Rav Y.H.S. : La communauté française n’est pas fracturée comme peut l’être la société israélienne. Elle ne fait pas de distinction entre religieux, non-religieux, séfarades ou ashkénazes, elle ne connaît pas d’exclusion. C’est précisément dans cette spécificité que se trouve son apport à la société israélienne.

Lph : Quels sont nos points faibles ?

Rav Y.H.S. : Je dirais que les Francophones en Israël manquent de leaders qui leur permettraient de répondre à deux besoins essentiels : se retrouver régulièrement et avoir plus d’ambition sur le plan spirituel.

Lph : Comment se porte le judaïsme français ?

Rav Y.H.S. : Il continue de progresser, les écoles juives gagnent sans arrêt en qualité et en fréquentation. Les racines sont profondes et bien ancrées.

Néanmoins, la communauté juive française se trouve confrontée à plusieurs problèmes : une certaine stagnation spirituelle d’une part et une inquiétude liée à l’augmentation de l’antisémitisme du fait d’une partie extrémiste de la population musulmane, d’autre part.

Lph : Qu’est-ce qui est le plus inquiétant pour l’avenir des Juifs en France : l’assimilation ou l’islamisme ?

Rav Y.H.S. : Je ne pourrais pas vous le dire. Ce sont deux aspects de la société française qui entraîne deux conséquences différentes sur la vie des Juifs de France.

L’assimilation est liée au fait que la société française accueille bien les Juifs, l’islamisme est une menace physique liée à l’agitation de certains leaders extrémistes musulmans qui engendre une agressivité.

Lph : Comment jugez-vous l’action des pouvoirs publics dans ce domaine ?

Rav Y.H.S. : Je dois dire que j’étais dans l’attente des prises de position du gouvernement actuel. Aujourd’hui, je ressens un certain soulagement, la direction prise semble être la bonne. C’est cela qui fait que la situation des Juifs en France est toujours viable : les pouvoirs publics sont attentifs aux besoins de la communauté. Prions pour qu’il en soit toujours ainsi.

Lph : Avons-nous raison d’encourager nos frères juifs à faire leur alya ?

Rav Y.H.S. : La alya ne peut s’envisager que si l’on a déjà choisi son identité. Elle doit se faire en sachant qui l’on est et pourquoi l’on vient. Il faut s’identifier clairement à la Torah.

Choisir l’alya comme terre de refuge ne me semble pas être facteur de réussite, au contraire.

Lph : Qu’en est-il de votre situation personnelle ? Est-ce dans vos projets ?

Rav Y.H.S. : A l’heure actuelle, je viens en Israël environ 4 fois par an. J’aimerais que ce soit plus. Nos Prophètes, nos Sages nous ont clairement enseigné que l’avenir des Juifs est en Israël. J’espère donc pouvoir ne plus être qu’un spectateur de ce qui se passe dans ce pays.

Lph : Pour finir, quel message pouvons-nous tirer de la Parashat Noah concernant notre actualité ?

Rav Y.H.S. : Noah, sa famille, les animaux qui l’accompagnaient ont été sauvés grâce à la Teva (l’arche). Aujourd’hui notre Teva ce sont les lieux d’étude, de lecture, d’enseignement de la Torah. Voilà ce qui sauvera le peuple d’Israël.

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One Response to Rav Yossef Haïm Sitruk: « Je voudrais pouvoir ne plus être un simple spectateur d’Israël »

  1. joseph

    le judaisme de france est en progression ???
    mr le rabbin on est en 2012
    les annees 80 c est fini !

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