A 40 ans, Naftali Benett est le symbole de la »jeune garde » du sionisme-religieux. Ancien de la Sayeret Matkal, homme du hi-tech, mais aussi ancien collaborateur de Binyamin Netanyahou, il a plusieurs cordes à son arc. Dans la course aux primaires, il a déjà reçu des soutiens de taille, comme celui du Rav Shlomo Aviner ou du Rav Shmouel Eliahou.
Le P’tit Hebdo : Près de 50 000 personnes se sont inscrites pour participer aux primaires de Habayit Hayehoudi ! C’est mieux que le Likoud ! Comment expliquez-vous un tel engouement ?
Naftali Benett : Un vent nouveau est en train de souffler. Un véritable réveil des partisans d’un sionisme fort et authentique.
Personnellement, je suis très touché de voir une telle mobilisation, ces 50 000 personnes représentent en réalité des millions d’Israéliens qui s’identifient à nos idées et regrettent que l’État devienne moins Juif et moins sioniste.
Lph : Pourquoi les partis sionistes-religieux ne sont-ils pas mieux représentés à la Knesset ?
N.B. : Je trouve deux explications à cet échec relatif. D’abord, ces dernières années, les partis sionistes se sont divisés : on a surtout entendu ce qui les éloignait, plus que ce qui les rapprochait.
Ensuite, ils sont trop sectoriels. Les personnes qui se retrouvent dans notre idéal ne sont pas toutes les mêmes. Nous devons nous ouvrir et représenter l’État d’Israël !
Lph : Quelles sont vos solutions ?
N.B. : La liste que je prétends diriger est l’exemple même de cette ouverture : Ayelet Shaked, laïque, vivant à Tel-Aviv, est ma plus proche collaboratrice. Nous nous voulons un parti religieux mais nous savons la place à donner à chacun. Je respecte et admire les rabbanim mais je considère la politique comme un métier, ce n’est pas au Rav de décider comme cela se passe chez Shass par exemple.
Par ailleurs, j’ai déjà montré ma volonté d’union en signant un accord de principe avec Katzele, chef du Ihoud Leumi, et nous sommes également en pourparlers avec le Rav Haïm Amsellem.
Lph : Pourquoi cette union marcherait-elle cette fois ?
N.B. : Comme je l’ai dit un vent nouveau souffle, on assiste à une véritable prise de conscience de ce qui compte pour l’avenir du sionisme-religieux. Je pense que nous parviendrons à un accord juste et équilibré.
Lph : Que répondez-vous à Arié Eldad, qui pense partir sur une liste indépendante avec Michael Ben-Ari car ils estiment ne pas être considérés à hauteur de leur popularité ? N’a-t-il pas la même vision d’ouverture que vous ?
N.B. : J’admire et je partage ce que dit Arié Eldad, je souhaite sincèrement que l’on puisse s’unir. Je ne veux pas maintenant rentrer dans le débat autour du numéro de chacun sur la liste présentée à la Knesset.
Lph : Le Dr Yehouda David vous a quitté pour rejoindre la liste de Daniel Hershkowitz. Une réaction ?
N.B. : J’aime et j’admire le Dr Yehouda David. Il est un grand combattant pour Israël à l’intérieur comme à l’extérieur. Je continuerai à le penser.
Lph : Si vous êtes désigné dans la prochaine Knesset, quels seront vos chantiers prioritaires ?
N.B. : Une éducation juive et sioniste pour tous ! Rendez-vous compte qu’aujourd’hui, environ 50 % des élèves n’apprennent pas l’histoire d’Israël!
Nous souhaitons impliquer tout le monde dans le développement du pays, que ce soit à l’armée ou dans le monde du travail.
Et, entre autres, nous prévoyons d’aider les jeunes couples à devenir propriétaires en octroyant un terrain, en périphérie, à toute personne se mariant dans les 7 ans qui suivent la fin de son service militaire.