Le Dr Michael Ben-Ari est connu pour son engagement sans détour et son action perpétuelle sur le terrain.
Membre du Ihoud Leumi, il est souvent jugé »extrême » dans ses propos et ses actions. Il n’en demeure pas moins, une figure centrale et incontournable du paysage sioniste-religieux.
Le P’tit Hebdo : Comment définissez-vous le rôle d’un homme politique ?
Michael Ben-Ari : Un homme politique est avant tout un homme public. Il doit connaître la base et être proche des besoins et des attentes du peuple.
Il ne s’agit pas seulement de prendre en charge les grandes problématiques comme l’Iran nucléaire, il faut aussi être au plus près des petits soucis de la vie quotidienne.
Moshé Rabbénou a été choisi pour guide car au lieu de rester dans la vie dorée du palais de Pharaon, il a été sensible aux détails concernant chaque Juif. Voilà notre exemple.
Pour ma part, j’ai un bureau ouvert, tous les jours, au public : j’y reçois toutes sortes de personnes qui viennent m’alerter, m’interpeller, me demander de l’aide.
Lph : Quels sont les sujets les plus préoccupants pour vous ?
M.B-A. : Les Israéliens s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. La notion d’identité juive se dégrade gravement et les politiques se déportent toujours plus vers la gauche.
Certains endroits du pays sont désertés par les Juifs et les Arabes viennent prendre leur place ! Et Netanyahou continue d’évoquer l’éventualité de faire sortir des Juifs de chez eux ?!
Lph : Vos idées sont celles de l’opinion de droite, pourtant vous avez la réputation d’être extrémiste. Qu’avez-vous à répondre à ce qualificatif ?
M.B-A. : Si être extrémiste, c’est avoir des idées, ne pas en avoir honte et les défendre coûte que coûte, alors je n’ai aucun problème à être qualifié d’extrémiste.
Je dirais, par ailleurs, que l’État d’Israël a besoin de personnes qui alertent le gouvernement sur des problèmes dont il n’a pas toujours conscience ou qu’il refuse de voir. Ainsi, j’ai souvent entraîné dans mon sillage des députés du Likoud. Par exemple, c’est à mon initiative que Hanin Zouabi a perdu son immunité parlementaire. De même concernant l’expulsion, que je juge vitale et indispensable, des clandestins.
Il en faut toujours au moins un qui ose dire la vérité. Je peux le faire parce que je ne vis pas dans une bulle : je suis toujours sur le terrain.
Lph : A vous entendre, vous préférez ne pas être dans le gouvernement pour avoir des leviers d’action plus larges. Souhaitez-vous entrer au gouvernement ?
M.B-A. : Tout dépend des engagements qu’il est prêt à prendre. Le Likoud veut 2 États pour 2 peuples : c’est inacceptable, Israël est entièrement au peuple d’Israël !
Donc, je n’accepterai de rentrer dans un gouvernement que si celui-ci s’engage, notamment, à ne négocier aucune parcelle de notre territoire.
Lph : Où vous situez-vous au sein du sionisme-religieux ?
M.B-A. : Je suis pour l’instant au Ihoud Leumi. J’aurais souhaité que des primaires soient organisées, ce qui a été refusé. Donc quoi qu’il arrive, je serai candidat aux prochaines élections : soit sur une liste Ihoud Leumi qui me donnera une place reflétant ma popularité, soit sur une liste indépendante. J’ai déjà fait beaucoup de compromis avec la direction du Ihoud Leumi.
Lph : Que vous inspire l’idée d’union des forces politiques sionistes-religieuses ?
M.B-A. : Elle n’a aucun sens sans base idéologique solide commune. L’unité est un bien joli mot, reste à savoir ce que l’on met derrière. Pour ma part, je ne suis pas prêt pour l’unité à n’importe quel prix.