Par Dan Williams | Reuters
JERUSALEM (Reuters) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi la fusion de son parti conservateur, le Likoud, avec Israel Beitenou (Israël notre maison), la formation ultranationaliste de son principal partenaire dans la coalition gouvernementale, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.
Cette décision prise en vue des élections législatives anticipées du 22 janvier 2013 pourrait assurer à la droite et à ses alliés une confortable majorité dans la prochaine Knesset.
« En Israël, le Premier ministre a besoin d’avoir derrière lui une force pleine de cohésion », a dit Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse avec Lieberman, invoquant notamment la menace iranienne et les problèmes économiques et sociaux que connaît l’Etat hébreu.
L’union avec Avigdor Lieberman « me donnera un mandat clair qui me permettra de me consacrer aux questions les plus importantes en laissant de côté les broutilles », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères a souhaité une profonde réforme du système politique israélien, prônant notamment le relèvement du seuil de voix nécessaires pour qu’un parti soit représenté au Parlement.
« Une vraie réforme de la gouvernance commence aujourd’hui », a-t-il dit.
« Nous devons nous réjouir qu’ils soient parvenus à un accord, c’est une bonne nouvelle pour nous tous », a dit Gilad Erdan, un « dur » du Likoud. « Nous allons avoir un vrai camp de droite, nationaliste », a-t-il ajouté.
Selon la deuxième chaîne de la télévision israélienne, le nouveau parti pourrait s’appeler « Likoud Beitenou » (« Le Likoud notre maison »).
INQUIÉTUDE DE L’OPPOSITION ET DES PALESTINIENS
Un sondage publié lundi dernier accordait au Likoud 27 des 120 sièges à la Knesset et 12 à Israel Beitenou. Une nouvelle coalition menée par Benjamin Netanyahu, comparable à celle qu’il dirige actuellement, pourrait compter sur 65 sièges dans la nouvelle Assemblée.
Le Likoud a démenti une information de presse selon laquelle Lieberman prendrait la tête du prochain gouvernement.
Les partis d’opposition ont critiqué la fusion entre les deux formations de droite.
Pour Zehava Gal-On, du parti de gauche Meretz, une telle initiative risque d’isoler Israël au niveau international.
« Le Premier ministre a choisi la droite extrémiste, favorable à la colonisation, il a choisi de faire du surplace, de ne pas avancer dans le processus diplomatique (avec les Palestiniens) », a-t-elle dit à la radio de l’armée.
La négociatrice palestinienne Hanane Achraoui n’a pas caché son inquiétude.
« Ce spectaculaire virage à droite va nous coûter très cher, à nous et aux Israéliens et détruire les chances de paix. La justice, les droits des Palestiniens, ces questions feront encore moins partie de la vie politique israélienne », a-t-elle dit à Reuters.
Ni le Likoud ni Israel Beitenou n’avaient informé le puissant parti religieux Shas, également membre de la coalition, de leur projet de fusion.
« Ça a été une surprise totale », a dit le ministre de l’Intérieur Eli Yishai, numéro un du Shas, qui pense que cette initiative pourrait inciter les partis de gauche et les formations religieuses à former aussi leurs propres alliances.
Guy Kerivel pour le service français
Votre information est erronee.
Il ne s’agit pas de ‘fusionner’ les 2 partis, mais de presenter une liste commune aux prochaines elections legislatives, chaque parti demeurant independant par la suite.