Depuis plusieurs années maintenant, les vagues d’immigration venues de France ont pris un autre visage. Les premières aliyot étaient constituées de personnes qui n’étaient pas structurées en tant que francophones, elles ne revendiquaient pas forcément cette appartenance.
Aujourd’hui, le terme Francophone recouvre une réalité très présente en Israël : associations, communautés, restauration, événements, quartiers,…
Nous nous sommes interrogés sur cette organisation en groupe dont les liens culturels et linguistiques sont restés forts et importants même si la France appartient à leur passé.
Pour mieux comprendre, nous avons demandé à des responsables d’associations et de communautés leur point de vue.
Voici les questions auxquelles ils ont répondu :
Carte d’identité de votre association/communauté
Comment voyez-vous le rôle des associations/des communautés au regard de l’intégration des Olim dans la société israélienne?
Aujourd’hui les communautés ont-elles remplacé les associations comme mouvement fédérateur et rassembleur des Francophones en Israël?
Le point de vue des responsables d’Associations
Sam Kadoch
CNEF
1) Carte d’identité du CNEF
Le CNEF a été créé il y a 25 ans sous l’impulsion de cadres du mouvement Tikvatenou avec le soutien du Rav Roitman z’l et Elie Aziza z’l. Aujourd’hui l’organisation est constituée de M. Claude Bloch, Président d’honneur ; le conseil d’administration est dirigé par Me Michael Moise et Amelie Hababou épaulés par 30 bénévoles dans tout le pays.
Chaque année, des centaines de jeunes participent et bénéficient des services du CNEF .
Notre objectif est d’encadrer et d’accompagner nos jeunes (étudiants, Hayalim Bodedim, jeunes professionnels…) pour qu’ils réussissent leur intégration, répondre à leurs attentes et leur donner les meilleurs outils pour devenir des Israéliens à part entière, amener devant les institutions officielles les problématiques de l’alya et de la klita des Francophones en général et des jeunes en particulier
2) Principalement en étant à l’ écoute du olé sur le terrain.
A l’heure des nouvelles technologies virtuelles, n’ oublions pas que le meilleur moyen d’aider son prochain, c’est de le connaître, de l’ accompagner, de le comprendre pour ensuite le diriger et le conseiller par rapport à ses besoins personnels, en 3 mots: panim moul panim – le face à face.
3) Je ne pense pas. Elles se complètent et devraient davantage travailler ensemble sur des projets spécifiques. J’ai beaucoup de réunions avec d’autres associations non francophones pour améliorer l’intégration en Israël et partager nos expériences pour ensuite »lutter ensemble ».
Cependant il n’existe pratiquement pas de concertation avec les dirigeants des communautés francophones. Grâce au LPH, cela se réalisera peut-être ?!
Jean-Claude Bensoussan
Espace Francophone d’Ashdod
1) Carte d’identité de l’Espace Francophone d’Ashdod:
Le Réseau des Espaces Francophones en Israël a été créé en Janvier 2007 par des professionnels de l’éducation et de l’animation, par des cadres issus des mouvements de jeunesse, des centres communautaires ou des milieux associatifs.
Aujourd’hui, l’Espace Francophone d’Ashdod arrive à maturité. Il servira de modèle aux prochains Espaces qui seront créés dans les années à venir, dans les villes à forte densité francophone.
Les objectifs de l’Espace Francophone sont exprimés clairement dans nos statuts et sont traduits chaque jour dans les moindres détails :
L’Espace Francophone d’Ashdod regroupe aujourd’hui 800 familles.
Six clubs qui fonctionnent en permanence : cours de pensée juive, oulpanim, bibliothèque, Scrabble, randonnée, belote ….
Plusieurs activités récurrentes complètent ces clubs: carrefours de l’actualité, débats de société, cinéma, théâtre, concerts de musique classique ou de variétés, séjours et balades de découvertes, colloque, fête de livre,…
Nous promouvons également les manifestations culturelles organisées par la Municipalité pour habituer les olim à fréquenter la société israélienne et ne pas vivre en vase clos.
2) Selon leurs statuts et leurs vocations, les associations entreprennent des actions spécifiques au niveau social, éducatif, sportif, économique, artistique ou d’enseignement, pour réaliser les objectifs qu’elles se fixent librement.
Les francophones contribuent à l’enseignement, à l’essor économique, à la sécurité, à la lutte contre les inégalités sociales .Ils sont venus en Israël pour vivre leur judaïsme et donner du sens à leur Alyah. Pas simplement pour acheter un appartement et couler des jours tranquilles.
Ce qu’attendent les francophones des associations, c’est qu’elles dialoguent plus entre elles, qu’elles se concertent d’avantage, qu’elles mènent des actions communes et se complètent plutôt que de se concurrencer. Car c’est dans la concertation et dans l’action commune que nous serons plus forts.
Les associations à caractère social, comme celles qui sont chargées de la promotion des idées ou des cultures comme l’Espace Francophone, devraient se regrouper par ville dans un Collectif d’associations pour répondre, en complémentarité aux besoins des francophones.
Enfin, autre vecteur d’action : C’est le dialogue indispensable avec les structures israéliennes existantes. Ces structures existent et disposent de budget et de moyens. Nous ne voulons pas nous substituer à elles ou les remplacer, mais Il nous faut les amener a mieux prendre en compte les besoins spécifiques des francophones.
C’est ce que nous faisons à Ashdod où nous jouissons d’un grand respect de la part de la Municipalité, des élus et des autres institutions qui sont à notre écoute et nous apportent un soutien quotidien. Meme si tout n’est pas encore parfait, les choses avancent.
3) Non, nous ne le pensons pas.
Les communautés fonctionnent aussi sous le mode associatif et les associations sont souvent complémentaires .Elles remplissent plusieurs rôles dans la société étant donnée la diversité des motivations qui animent ceux qui en sont à l’origine (ex : enseigner le judaïsme, promouvoir les cultures, pratiquer un sport, aider des individus en difficulté (association caritative), exprimer des intérêts catégoriels (parents d’élèves, locataires..). L’association peut jouer un rôle à destination essentiellement de ses membres ou de l’ensemble de la société (parti politique, défense de l’environnement ou des droits de l’homme).Les associations peuvent cumuler plusieurs fonctions sociales.
Fédérer et rassembler sont aussi des objectifs associatifs. La Fédération Israélienne Francophone l’a très bien compris et a crée une association pour remplir cette mission.
Les questions ouvertes sont de savoir ‘’ Pour faire quoi ?’’ ‘’ Pour atteindre quels objectifs ? ‘’ ‘’ Comment y parvenir et avec quels moyens ?’’
Avi Zana
AMI
Carte d’identité d’AMI
AMI a été créé en 2005 avec la nouvelle grande vague d’Alya de France. Cette association se fixe comme objectif de donner des moyens supplémentaires aux niveaux administratif et technique aux immigrants issus de France.
AMI offre un service personnalisé pour tout ce qui touche à l’intégration : accueil, service en français, accompagnement éducatif, social, professionnel, etc.
Aujourd’hui, près de la moitie des olim de France en Israël ont eu recours à nos services dans l’un de nos trois centres (Jérusalem, Tel Aviv, Beer Sheva) ou par le biais d’associations-relais, qui sont nos partenaires dans nos missions.
Les Francophones ont tendance à rester de plus en plus dans un milieu francophone après leur alya. Et nous sommes face au dilemme de les aider à s’intégrer tout en leur proposant une structure et un service en français.
Ce que nous faisons, c’est essayer de les relier à la société israélienne en poussant les jeunes, par exemple, à fréquenter des mouvements de jeunesse israéliens.
Nous avons aussi conclu un accord avec le Jérusalem Post en hébreu : nous offrons à tous les olim des journaux en hébreu avec la traduction.
Baigner dans un milieu francophone est peut-être nécessaire au départ, mais cela doit rester une étape.
Il est vrai que la communauté francophone est traversée par un courant qui tend à placer son centre de vie et de préoccupation dans les synagogues. Néanmoins, ces structures, si elles demeurent fondamentales, n’ont pas l’expertise pratique, technique et administrative pour assister les olim. Elles sont de véritables guides spirituels et doivent fonctionner en complémentarité avec les associations.
Le point de vue des responsables de communautés
Rav David Nakache
Yeshivat Etz Haïm, Natanya
Carte d’identité d’Etz Haïm
La Yeshiva a été fondée il y a 15 ans, à la demande de mon Maître, le Rav Mordehaï Eliahou (zatsal). Il souhaitait qu’il existe un centre de Torah franco-israélien à Natanya.
La Yeshiva Etz Haïm aujourd’hui accueille de très nombreuses personnes de tous les âges, de tous les niveaux : talmud Torah, préparation (Mehina) à l’armée, yeshiva, beit hamidrash, centre d’études pour femmes, centre de conversion, cours de préparation au mariage, préparation à la bar-mitsva.
Parallèlement à toutes ces activités et au vu de la fréquentation importante de ce lieu de Torah, une communauté s’est structurée autour de la yeshiva.
Notre yeshiva est un vecteur d’intégration, notre communauté n’est pas qu’un lieu où l’on vient prier. C’est un centre d’études dans lequel nous accompagnons spirituellement et moralement les olim, par des cours en français mais aussi en hébreu. Nous leur enseignons le sionisme. De plus, la Yeshiva est fréquentée par de nombreux Israéliens de souche, ce qui permet aux Francophones de se confronter à leur réalité.
La communauté prend effectivement la place de l’association. Elle offre un lieu d’étude, accompagne l’immigrant, sa famille et lui explique le sens du retour sur notre terre. La Alya francophone est une alya de valeur, très traditionaliste : elle a besoin d’une dimension spirituelle que les associations ne peuvent pas lui offrir.
Eric Bellaïche
Communauté Ohavei Tsion, Jérusalem
1) Carte d’identité d’Ohavei Tsion
La communauté a tenu son premier office en novembre 1996, shabbat Shemot. Nous étions alors neuf fidèles !
Aujourd’hui, D. merci, notre communauté compte environ 260 personnes.
Nous sommes organisés autour de trois pôles : un pôle cultuel avec prières et cours de Torah, un pôle communautaire avec des shabbat pleins, des conférences sur des sujets de société et la diffusion de l’amour d’Eretz Israël, un pôle solidarité qui se traduit par des actions pour aider autant que possible nos frères dans la difficulté.
Notre communauté est assez symbolique de ce point de vue. Au départ, elle était essentiellement francophone puis en grandissant un public israélien de souche nous a rejoint. Aujourd’hui, ce dernier représente la moitié de nos membres. Ce qui fait que les divré torah jusqu’alors énoncé en français, le sont maintenant en hébreu.
Par ailleurs, ces personnes aident considérablement les olim de la communauté dans leur recherche d’emploi. Ils nous permettent aussi d’agir au sein même de la société israélienne.
Il est clair que la synagogue n’est pas simplement un lieu de prière, elle est aussi un prétexte pour se retrouver, se rencontrer, comme l’indique son nom en hébreu – Beit Knesset. La communauté est un lieu de brassage entre toutes les tendances religieuses et politiques. C’est ce qui rend aussi attrayant le concept de communauté à la française, y compris pour les Israéliens de souche. C’est pourquoi aussi le rôle associatif s’estompe au profit de ces communautés.
Shalom
Devant immigrer très prochainement en ISRAEL OLE HADACH étant agé de 78 ans je recherche les coordonnées de l’association AMI de TEL AVIV ou je vais habiter avec mon épouse afin qu’ils m’aider dans les formùalités
aupres du misrad hafnim pour l’obtention immédiate du teoudat maavar pour sortir d’Israel anvant les 3 mois pour raison de santé car je parle difficilement l’ivrit et connais pas du tout mes droits et m’exprimer à ce sujet
Je vous communique aussi mes coordonnées téléphoniques
en France 33 1 42394545B 33 622822650
à Tel Aviv 035102914 mobile 0543117237
Pour raison de santé j’ai du reporter mon Aliya prévue le 6//11/12 et compte nu d’un traitement médical pour une arhrose sévère et d’une fracture du ménisc de mon genou droit et je ne suis pas en mesure aujourd’hui de fixer une prochaine date pour mon Aliya ayant un traitement d’un mois à faire(infiltrations)
Dans l’attente de votre réponse et, en vous en remerciant par avance
Daniel KUPERTY
Merci au dr Bellaiche pour son oeuvre communautaire