Quel est aujourd’hui le lieu privilégié de rencontres entre Francophones: les associations ou les communautés?

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Professeur Noah Dana-Picard

Président du Jerusalem College of Technology

 

Les raisons de se rencontrer sont multiples: rencontrer les vieux amis, du temps où nous habitions ensemble à … (prière de compléter) …, discuter de problèmes communs liés à notre aliyah récente, étudier quelque chose ensemble ou écouter un cours ensemble, et bien d’autres raisons.

S’il s’agit d’entretenir la nostalgie de notre galout d’origine, c’est un peu dommage. S’il s’agit de s’entraider, d’étudier ensemble, de construire un avenir ensemble, voilà qui est mieux.

En fait, la Torah nous dit וישלכםאלארץאחרתכיוםהזה. Nous avons été envoyés en exil. Dans ce verset de Devarim (XXIX, 27) la lettre ל(« lamed »= apprendre) est plus grande que les autres, pour nous dire que le passage en exil est destiné à nous apprendre quelque chose. Nous revenons sur notre Terre, et ce que nous avons appris, nous devons le transmettre. Les Francophones ont acquis une certaine façon de penser, l’école française de Torah a fourni de grands Sages à travers les siècles, et nous devons transmettre leur enseignement, en faire profiter le Peuple Juif dans son ensemble.

En particulier, nous avons reçu un enseignement, venant de loin, où Science et Torah ont toujours été intimement liés. Certaines dichotomies, certaines oppositions nous sont étrangères.

Nous avons aussi appris une certaine forme d’engagement de l’individu dans la Cité. Tout le pays d’Israël parle aujourd’hui haut et fort de démocratie ; nous avons quelque chose à dire dans ce domaine. Et ce n’est pas un hasard si tant de Francophones ont participé aux grandes manifestations, il y a quelques années.

En définitive, les structures communautaires, associatives, éducatives, universitaires, culturelles, ou autres, n’ont pas de hiérarchie. Elles n’ont d’importance qu’en fonction du contenu que nous y insérons.

Dr Gilles Morali

Gastro-entérologue. Écrivain

 

Bien qu’il n’ y ait pas eu d’étude sociologique pouvant répondre de façon précise à votre question, il semble, du moins de ce que l’on voit à Jérusalem, que  les rencontres se font essentiellement dans le cadre de communautés religieuses, tout simplement parce que la majorité des Francophones appartient à cette mouvance. Mais l’essentiel ne me semble pas être le lieu de rencontre, mais… la rencontre elle-même. Nous vivons dans un monde où, paradoxalement, plus il existe de moyens de communication, moins on sait rentrer en contact authentique et vivant avec l’autre. Des études ont, en effet, montré que plus une personne était branchée sur Internet ou sur son téléphone portable, moins elle communiquait avec son entourage. Il faut réapprendre la rencontre simple et authentique avec autrui, dans le but d’échanger une part de vie entre lui et nous. Cet échange est vital, car il nous apprend ce que l’être humain a de plus fondamental: savoir donner et recevoir.

Eleazar Attali

French Connec’Sion

Chacun peut constater le développement en Israël de tout type de structures ou d’événements destinés aux Francophones. Cela prouve l’intérêt et les besoins croissants de cette « communauté » qui intègre chaque année près de 2000 olim. Pour autant y-a-t-il vraiment un lieu privilégié pour se rencontrer ? Synagogues, centres communautaires ou culturels, associations, restaurants et cafés, entreprises, mouvements de jeunesse, centres d’étude, on trouve de tout et pour tout le monde ! Beaucoup de nos amis montés en Israël il y a 20 ans et plus, et qui vivaient jusque-là une vie exclusivement israélienne, se rapprochent d’eux-mêmes de ces communautés ou associations francophones. Chacun y retrouve des repères communs et la facilité de communiquer et d’échanger dans notre langue maternelle.

Mais finalement, le lieu de rencontre privilégié des Francophones n’est-il pas beaucoup plus virtuel qu’on ne le pense ? Combien de sites internet, de groupes sur Facebook, de listes de diffusion, d’échanges en tout genre existe-t-il, assurant une place et un rôle à tout un chacun ?  C’est déjà une autre question bien réelle cette-fois …

Jean-Charles Zerbib

Directeur FSJU-Israël

Président des Anciens EEIF en Israël

 

C’est à la fois une question de générations et une question géographique. Suivant que l’on se trouve à Jérusalem, dans les Yichouvim, à Eilat, Ashdod ou Tel-Aviv, la réponse n’est pas la même. Il est clair que les jeunes générations qui étudient au Technion ne fréquentent pas les mêmes lieux que les « anciens » venus s’installer à Haïfa dans les années ’50.

Les dernières Aliyot sont souvent aussi plus « religieuses » et veulent recréer le modèle communautaire qu’elles ont connu, construisent des synagogues que ce soit à Har Homa, Netanya ou Ra’anana.

Mais le nombre de synagogues « françaises » est semble-t-il bien inférieur en nombre à la kyrielle de petites et grandes associations à vocation culturelle, sociale ou éducative !

Ce qui apparaît, de loin, comme le « lieu privilégié » reste le « réseau », la famille, le groupe d’amis…et non des regroupements structurés, car les Francophones trouvent là tous les avantages de la francophonie sans les inconvénients d’un système parfois inadapté.

Michèle Cohen

Rakezet Klita Homat Shmouel

Le Francophone n’a pas l’esprit   »Association », parce que trop individualiste et par peur de l’engagement que nécessite l’Association.  

Par contre par  son passé de « Juif français », il se  reconnaît dans la Communauté, il en a l’habitude  et connaît les lois  qui la régissent : dons, réservation pour les fêtes,  participation aux cours et rituels de la Beit Aknesset …..

 Appartenir à une Communauté, c’est se reconnaître dans son judaïsme et le partager avec les membres  de cette même  Communauté. C’est également se soutenir mutuellement et avoir une   référence halahique dans la personne du Rav de la Communauté.

Alors qu’il était nécessaire pour sa survie de faire partie d’une Communauté en France, en Israël la diversité des Communautés et des rites offre un enrichissement permanent pour le Juif de France dans la mesure où il va voir,  ce qu’il s’y passe.  Rester dans « sa Communauté », c’est, bien sûr, rester fidèle, mais c’est aussi se priver de la palette colorée qu’offrent les Batei Knesset de rites différents. « Aller prier  ailleurs »  de temps en temps, c’est aussi le moyen de s’intégrer réellement  à  la Société Israélienne, de côtoyer et de connaître des Israéliens différents de nous.

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One Response to Quel est aujourd’hui le lieu privilégié de rencontres entre Francophones: les associations ou les communautés?

  1. grincager

    j ai beaucoup d estime pour le rav de pisgat zeev.il est simple efficace
    sait ecouter et aider.
    cest un juif qui aident les autres juifs sans tralala sans tambours ni
    trompette quel plaisir d aller prier a ses cotes a shabbat.
    d accord avec gfilles morali jetons nos portables nos ordinateurs et reprenons nos cahiers d ecole.chiche

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