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François Zimeray : la voix de la France à travers le monde

François Zimeray : la voix de la France  à travers le monde

Grande première dimanche 4 novembre au campus francophone du Collège académique de Netanya avec la séance inaugurale du cycle d’études 2012-2013 dont le thème cette année est « Dérives et Repères ». Pour cette reprise, au programme : S.E. Monsieur François Zimeray, ambassadeur pour les Droits de l’Homme et chargé de la dimension internationale de la Shoah, des spoliations et du devoir de mémoire au Ministère français des Affaires Étrangères et Européennes.

À ses côtés, le sénateur Christophe-André Frasse, sénateur représentant les Français établis hors de France et secrétaire du groupe interparlementaire France-Israël dont l’engagement pour la défense d’Israël remonte à l’année de son bac ! En préambule, Olivier Rubinstein directeur de l’Institut français de Tel-Aviv, insista sur le rôle et l’importance du développement de la culture française à travers le monde, expliquant que la culture ne doit pas se borner seulement à la diffusion de la langue, la littérature, le cinéma ou l’art mais doit aussi servir à rapprocher les peuples et les religions. C’est ainsi qu’il nous annonça que dans une quinzaine de jours, pour la première fois, une délégation importante d’Imams de France viendra visiter Israël.

Le titre annoncé de la conférence : « Après les printemps arabes, les droits de l’Homme à l’épreuve d’un monde globalisé ». Des printemps arabes, il en fut très peu question, le conférencier préférant mettre en avant le rôle de la France sur la scène internationale concernant la question des Droits de l’Homme. « Je ne veux pas apparaître comme l’ambassadeur du pays des Droits de l’Homme, nous explique-t-il, ce n’est pas efficace car la France ne doit pas donner de leçons. Son rôle est plutôt de faire partager une expérience ». Les Droits de l’Homme n’ont pas le même sens partout : certains les assimilent à la Morale, à l’Éthique ou pour certains, ce n’est qu’une posture. « Avec les Droits de l’Homme, nous ne sommes pas dans le domaine de la morale ni de l’éthique, précise-t-il, nous sommes dans le champ de leur application. Et c’est justement l’action que mène la France au sein des Nations Unies ».

Dès sa proclamation, René Cassin créateur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, avait insisté sur leur UNIVERSALITÉ. Alors, quand certains pays veulent faire croire que cette notion des Droits de l’Homme est occidentale, il faut expliquer que c’est une aspiration partagée par toute l’humanité. Les torturés tchétchènes, algériens, bosniaques, libanais, cambodgiens ressentent la même souffrance, au même titre que les parents des disparus argentins ou chiliens. La souffrance est, elle aussi, universelle. Cela prouve bien que ce n’est pas une notion occidentale. Il est exact que les Droits de l’Homme sont en recul par un certain relativisme et par le régionalisme. Certains vous diront : « d’accord pour les Droits de l’Homme mais avec certaines différences ». Non, il faut veiller à leur uniformisation et à leur application stricto sensu. C’est d’ailleurs le rôle de la Cour Internationale de Justice.

En ce qui concerne les « printemps arabes », François Zimeray critique l’expression qui ne lui semble pas bonne. Il souligne qu’il existe dans le monde arabe des jeunes démocrates et des gens qui pensent démocratie et Droits de l’Homme. Il rappelle que les foules ne criaient pas « à mort l’Amérique » ou « à mort Israël », elles réclamaient le respect de leur dignité et la liberté.

Pour terminer, François Zimeray concède que beaucoup de gens critiquent les Nations Unies. Oui, il faut savoir condamner les errements des Nations Unies mais pas les Nations Unies en tant qu’institution. L’ONU représente tout de même un progrès considérable par rapport à l’époque où un dignitaire nazi pouvait dire « charbonnier est maître chez soi ». Aujourd’hui, une telle attitude n’est plus possible. Et mener une politique de la chaise vide, comme le font les États-Unis et Israël, par exemple lors de la conférence de Durban II, n’est pas la solution optimale car c’est de l’intérieur que l’on peut faire changer les choses, et qu’on peut obtenir des aménagements et des avancées. C’est ce qu’a fait la France.

En conclusion je dirai qu’on a besoin de la voix de la France mais aussi de celle d’Israël au sein des Nations Unies.

Gisèle NINIO-GRYNBERG

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