Haïm Benhaïm

Je m’imprègne de l’atmosphère de Jérusalem
Lorsqu’on arrive chez le peintre Haïm Benhaïm à Jérusalem, on est frappé avant tout par la luminosité de ses tableaux, par leurs couleurs chatoyantes et très vives. Haim Benhaïm, né à Casablanca, a fait des études d’architecture. Il a travaillé en Italie, dans le midi de la France, aux Etats-Unis, et même en Libye avant de s’installer définitivement en Israël. Il vit depuis neuf ans dans le pays et affirme «qu’il ne le quittera plus pour tout l’or du monde». Tout en faisant carrière dans son métier il s’est mis à la peinture, qui est devenue pour lui une véritable vocation. Il a notamment exposé ses œuvres au musée du Goush Katif, au théâtre de Jérusalem et à la cinémathèque. Il a également reçu plusieurs prix.

Le P’tit Hebdo: Haïm Benhaïm, d’où vous vient cet amour pour la peinture?
Haïm Benhaïm: Mon père était graveur et j’ai été attiré très jeune par cet art. J’ai suivi des cours à l’école des Beaux Arts de Casablanca et je me suis ensuite dirigé vers l’architecture.

Lph: Quand avez-vous commencé à peindre?
H.B.: J’ai commencé en fait par le dessin, qu’on ne peut d’ailleurs pas dissocier de la peinture. Alors que je travaillais dans le domaine de l’urbanisme, au sein d’un bureau d’études de la Côte d’Azur, je me suis mis à peindre et cela a été pour moi une véritable révélation. J’ai commencé par des aquarelles. Ma peinture est à la fois colorée et symbolique. Je peins par thèmes parce que je considère qu’ils sont importants, qu’ils sont la base de tout. C’est ce qui permet d’avancer dans la peinture. Mais c’est avec la tête et le cœur qu’on travaille. Après viennent les couleurs qui donnent la vie au tableau.

Lph: Comment parvenez-vous à concilier votre métier d’architecte, qui exige une certaine rigueur, avec celui de peintre pour lequel on peut se permettre toutes les fantaisies?
H.B.: C’est tout à fait compatible. Si vous n’avez pas le goût de la peinture, vous ne pouvez pas être architecte.

Lph: Qu’exprimez-vous dans vos œuvres? Quels moyens utilisez-vous pour faire passer votre message?
H.B.: Je m’imprègne de l’atmosphère de Jérusalem, devenue le diapason de ma peinture. A Jérusalem, j’ai retrouvé mes racines. Ma peinture me ressemble: elle est gaie, vive et chaleureuse. Je peins au couteau, à l’huile, sur trois éléments: le bois, la toile de jute et le lin. Ma palette est très simple: elle est composée de couleurs primaires car je préfère créer moi-même mes nuances. Les tons sont chauds, avec une dominante de jaune et de bleu. J’aime aussi les couleurs froides qui donnent souvent, en se mélangeant, un beau granulé. J’aborde avec prédilection les thèmes de l’architecture (notamment marocaine), les reflets dans l’eau, les personnages, les paysages et les arbres. Je fais parfois des sculptures, comme celle que j’ai réalisée pour Sdérot, où j’ai reconstitué un missile. Dans l’art la simplicité est une chose compliquée à obtenir. Les œuvres les plus récentes de Haïm Benhaïm sont de l’art abstrait, comportant des courbes harmonieuses et des couleurs vives. Il expose actuellement à Jérusalem au café Alice, rue Shamaï. Le thème porte sur «les paysages de la mer».